Moments forts # 6 – Crue soudaine en Bolivie : la nuit où leur 4×4 a failli être emporté, par Noémie
Noémie, Thibault et leurs deux enfants, Gustave, 11 ans et Suzanne, 6 ans, ont voyagé pendant un an en Amérique du Sud avec un 4×4. Ils ne savaient pas trop à quoi s’attendre, ils ont vécu une année d’aventures ! Dans cet épisode, Noémie nous partage un moment fort de cette année extraordinaire, une crue soudaine en Bolivie qui a bien failli emporter leur 4×4 en pleine nuit !
Retrouvez les voyages de Noémie et Thibault sur leur compte Instagram @lesharicotsenvadrouille.
Présentations
M. Bean, le 5ème membre de la famille
Noémie et Thibault ont acheté M. Bean, un 4×4 qu’ils ont patiemment rénové et aménagé dans l’optique de vivre une année d’aventures sur les routes du monde. A priori partis pour emprunter la Route de la Soie, c’est finalement l’Amérique du Sud qui s’est imposée. Cela semblait plus facile au vu de leur véhicule qui leur permettait d’être vraiment en pleine nature. Et l’Amérique du Sud présente des facilités en termes de visas et de passages de frontières.
M. Bean est un 4×4 avec une cellule sur l’arrière. Les parents dormaient en bas et la cellule se dépliait pour déployer un espace chambre d’enfants. Parfaitement équipé pour l’aventure, cette maison roulante était très luxueuse ! Eau chaude, couettes, oreillers, espace cuisine, espace pour faire l’école… Un entre-deux idéal entre le 4×4 tente de toit et le camping-car.
La réserve de 60L d’eau potable leur permettait d’avoir beaucoup d’autonomie. Et étrangement, c’était un point positif mais également un point négatif. Le véhicule les a souvent conduits très loin de la civilisation, dans des lieux où ils se sont retrouvés totalement seuls ! Pour être plus au contact des populations, ils ont dû un peu corriger le tir !
Finalement, c’est le véhicule qui a fait leur voyage en les emmenant très loin dans la nature mais aussi en les rapprochant des villes pour gérer les problèmes mécaniques, ou alors en leur permettant de dormir chez l’habitant parce que le véhicule, en panne, était posé quelque part en attente de pièces.


L’itinéraire de cette année sur les routes Sud-Américaines
En septembre 2024, le 4×4 embarque sur un cargo en direction de l’Uruguay. A ce moment-là, l’itinéraire n’existait que dans les grandes lignes : partir vers le Sud du continent pour la météo puis remonter pour prendre le bateau retour depuis la Colombie un an plus tard.
L’aventure de la petite famille a commencé par des vacances au Brésil, pour attendre patiemment M. Bean. Ensuite, direction l’Uruguay pour récupérer le véhicule. Et là, les aventures ont directement commencé : pot d’échappement en panne. Il n’a pas trop aimé la traversée en cargo… Le voyage s’est poursuivi en Argentine, jusqu’à Ushuaïa, puis la remontée du continent a commencé : Chili, Bolivie, Pérou, Equateur et enfin, la Colombie.
Noémie et Thibault étaient partis pour l’aventure et ils ont été servis ! Au moment du départ, ils n’étaient pas sûrs de rentrer et finalement, épuisés par cette année, à la fois merveilleuse et difficile, ils ont repris le chemin de la France. Cela leur a permis de se rendre compte qu’ils étaient parfaitement alignés avec leur vie en France !
Crue soudaine en Bolivie
L’année de Noémie et sa famille a été particulièrement riche en rebondissements et en péripéties. Noémie a choisi de nous partager une grosse frayeur qui leur est arrivée à Tupiza, une crue soudaine en Bolivie. Arrivée au milieu du voyage, c’est une anecdote qui les a chamboulés parce qu’elle a confirmé qu’ils ne maîtrisaient pas tout.
Mise en contexte
En quittant le Chili par le Nord, l’équipage de M. Bean est entré en Bolivie par le Salar d’Uyuni. C’est encore la saison des pluies. Le véhicule et les organismes sont mis à rude épreuve. Après cette entrée en matière, ils prennent la direction de l’Est et du canyon de Tupiza.
Arrivés à Tupiza, ils cherchent directement à faire réparer leurs freins qui n’inspiraient plus confiance. Réparation faite, soirée de fête dans une petite pizzeria qui leur avait été conseillée. Une fois n’est pas coutume, ils se sont installés sur le bivouac dans la soirée, vers 22h. A la nuit tombée donc.
Ce n’était vraiment pas dans leurs habitudes d’arriver sur un lieu de bivouac si tard mais ils n’avaient pas trop d’inquiétude car peu de temps avant, une famille avait passé une semaine à cet endroit-là (merci iOverlander pour le partage !). Noémie et Thibault s’installèrent donc pour la nuit en pensant déjà aux superbes randonnées du lendemain !

Une nuit d’angoisse
Très rapidement après avoir couché les enfants, Noémie entend des bruits de métal sur le 4×4 et suspecte la présence de quelqu’un. Thibault la rassure mais, non, elle est sûre qu’il y a des bruits anormaux.
Petite précision sur le véhicule : la partie avant, conducteur, est séparée de la cellule de vie. Une petite fenêtre relie les deux par l’intérieur mais elle est encombrée et inaccessible sans réveiller les enfants. Pour accéder à l’espace conduite, il faut donc passer par l’extérieur.
Lorsque Thibault ouvre la porte vers l’extérieur pour essayer d’identifier d’où venaient les bruits, c’est là qu’ils comprennent… Ils sont au milieu d’une rivière. L’eau a monté et les a encerclés.
Thibault réussit à rester calme mais Noémie sent le stress monter. Les enfants, eux, dorment toujours paisiblement.
Thibault parvient à accéder à l’avant du véhicule sans mettre le pied par terre. Pendant ce temps, Noémie préparer un kit de survie avec les passeports, chargeurs de téléphone, etc…
Thibault essaye de démarrer et de bouger le 4×4, qui est d’ailleurs équipé pour rouler dans l’eau. Mais impossible, il se tanke vers l’avant, il ne bougera pas ! Le sol est trop mou, le courant est trop fort.

Noémie rejoint alors Thibault à l’avant du véhicule en laissant les enfants à l’arrière. Ils les avaient juste descendus dans le lit parental et avaient replié la partie haute de la cellule pour pouvoir partir dès qu’ils le pouvaient. Il faut juste rester calmes et tenter de joindre les autorités.
Ils parviennent tant bien que mal à joindre les secours mais la personne explique que leur téléphone n’émet pas sur la bonne borne de sécurité et donc qu’ils ne peuvent rien faire pour les aider. Totalement incompréhensible… !!
Noémie envoie des messages sur tous les groupes de voyageurs dont ils font partie pour se signaler, se localiser et tenter de trouver quelqu’un qui est dans les parages et qui pourrait les aider. A ce moment-là, il est 23h-minuit.
Une personne d’un groupe prend alors notre petite famille sous son aile, les met en contact avec une personne qui parle Français à Sucre et qui parvient à joindre l’Ambassade. Malheureusement, l’Ambassade ne peut pas envoyer de secours non plus parce que la route d’accès en contre-bas s’est effondrée.
Le temps passe et l’eau continue à monter. Noémie et Thibault se sentent un peu désarmés. Mais la dame de Sucre a réussi à joindre des gens à Tupiza qui lui ont assuré que l’eau allait baisser. Plus de pluie n’était attendue pendant les heures à venir. Quelques mots rassurants qui leur ont permis de tenir et de rester optimistes.
Et en effet, vers 2h du matin, Noémie et Thibault constatent que l’eau commence à baisser. Ils se décident alors à sortir des pelles pour dégager les amas de cailloux et de rochers qui se sont formés autour du 4×4. Tout le chassis avant du véhicule était au sol. Thibault a creusé jusqu’à 5h du matin environ, jusqu’aux premières lueurs du jour.



Et enfin, alors que les enfants ouvraient gentiment un œil, ils ont réussi à bouger le véhicule et à le positionner de l’autre côté de la rivière, plus en hauteur. C’était la seule option à ce moment-là, sortir du canyon n’était pas encore envisageable. Mais au moins, si l’eau devait remonter, ils seraient au point le plus haut.



La force du collectif et de la communauté des voyageurs
Cette nuit-là, Thibault et Noémie se sont sentis très seuls et totalement désœuvrés. Pourtant, la communauté des voyageurs s’est mis en action pour les soutenir.
Le groupe Whatsapp Familles AmSud administré par Kika, et toute la communauté qu’il réunit, a beaucoup aidé Noémie et Thibault cette nuit-là. Kika a contacté plein de gens à Tupiza et les alentours pour essayer d’envoyer de l’aide. C’est ainsi que Noémie a reçu tout plein de messages pour les rassurer et les soutenir pendant ces heures très difficiles.
Cela dit, ils ont également reçu des messages de jugement les faisant passer pour des irresponsables. Pourtant, leur seule erreur a été de s’installer sur ce bivouac à la nuit tombée. Même si rien ne dit qu’ils auraient fait différemment en arrivant de jour. Les paysages changent tellement vite avec l’eau…
Quelle suite à cette crue soudaine en Bolivie ?
Le lendemain, épuisés et encores sous le choc, ils se sont installés au camping. Ils ont rencontré une famille de Français et cela leur a fait du bien de pouvoir partager les émotions de la nuit précédente. Ils ont pu ouvrir les vannes…
La journée s’est écoulée presque normalement, ne serait-ce que pour les enfants. Ils ont quand même dû trouver du temps pour nettoyer M. Bean au compresseur. En effet, plein de cailloux se sont immiscés partout. D’ailleurs, plusieurs problèmes mécaniques ont découlé de cette fameuse nuit…
La plus grande leçon de cette expérience c’est que la nature a toujours le dessus. « On n’a pas tous les droits. »




Et les enfants dans tout ça ?
A aucun moment de cette nuit d’angoisse et de cette crue soudaine en Bolivie les enfants n’ont réalisé ce qui se passait. Ils ont dormi toute la nuit. Après coup, Gustave, très pragmatique, a été rassuré de voir que ses parents ont su prendre les bonnes décisions. Mais plusieurs fois dans les semaines et mois qui ont suivi, il était en alerte sur certaines situations. Suzanne, elle, fait confiance à ses parents ! L’insouciance de son jeune âge l’a préservée !
Les enfants ont démontré beaucoup de résilience et ils ont embarqué leurs parents dans cet état d’esprit. Les enfants ont cette force de vivre dans l’instant présent. Sans le savoir, ils ont grandement aidé leurs parents à dépasser ce moment d’angoisse qu’ils venaient de vivre.
Que reste-t-il de ce long voyage dans leur vie quotidienne en France ?
Comme à tous mes invités de la série Moments forts, j’ai demandé à Noémie ce qui restait de ce grand voyage dans leur vie de tous les jours, maintenant qu’ils sont rentrés en France.
Noémie confesse qu’au moment du retour, ils se sont sentis fragiles. L’année sur les routes d’Amérique du Sud a été éreintante, ils ont eu besoin de digérer et de prendre du recul pour aujourd’hui se sentir plus forts et grandis grâce à cette expérience.
Après quelques mois, elle se rend compte que ce voyage leur donne, de l’élan et de l’entrain pour de nouveaux projets en famille. Ce voyage leur a montré qu’ils étaient capables de bien plus qu’ils ne le pensaient.


♥♥♥ Flo & co ♥♥♥
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