Voyage théâtral et familial à la rencontre du monde – Podcast #175
Estelle, Mansour et leur fils Ismaël ont voyagé pendant un an sur l’année scolaire 2024-2025. Un voyage qu’ils ont fait avec leur van, acheté spécialement pour cette aventure. Mais résumer leur tour du monde à un long voyage en van serait une grossière erreur. Estelle, Mansour et Ismaël sont partis sur les routes du monde présenter une pièce de théâtre à un public habituellement éloigné de ce genre de proposition culturelle.
Un projet fort qui les a menés d’Italie en Sibérie en passant par la Turquie, le Japon, les Etats-Unis ou encore la Colombie. Une même pièce, un même décor et une envie chaque fois renouvelée de partager un joli moment avec le public. Gros plan sur une aventure hors-normes, un voyage théâtral, un voyage dans le voyage !
La troupe familiale que je reçois dans cet épisode est connue sur Instagram sous le nom de @thebabeltourtheater.
Présentations
La famille
Estelle et Mansour sont tous les deux comédiens. Estelle est également professeur de théâtre au Cours Florent à Paris. Et Mansour, de son côté, est consultant formateur en compétences comportementales.
Leur fils Ismaël a 14 ans et lui, n’est pas comédien ! Il est plutôt sportif ! Il a fait sa 5ème sur les routes, avec le CNED. Mais pendant cette année, il a endossé le rôle de comédien, comme ses parents !



La naissance de ce projet de voyage théâtral
Cette petite famille de 3 a voyagé pendant un an avec un van aménagé et une pièce de théâtre. Mais d’où est venue cette idée d’aller jouer une pièce en famille autour du monde ? Ce projet 2024-2025 a vu le jour après un premier voyage théâtral qui a eu lieu en 2017.
Après les attentats de Paris puis de Nice, ils se sont posé la question de ce qu’ils pourraient faire dans ce monde qui les entoure. Comme une évidence, la réponse s’est imposée à eux : proposer du théâtre. Cette idée les a fait voyager pendant 6 mois, de Paris à Téhéran (en passant par la Finlande !), avec un camping-car. Ismaël avait 5,5 ans.
Pour ce premier voyage, ils jouaient leur spectacle gratuitement dans les écoles. Ismaël avait une scène, qui pouvait être coupée si jamais il n’avait pas envie de jouer. Mais finalement, il avait demandé à avoir plus parce qu’il s’ennuyait un peu dans les coulisses ! Le spectacle avait alors évolué en cours de route pour lui faire plus de place.
On n’aurait pas fait de tour du monde si on n’avait pas de spectacle.
Mansour

Un voyage théâtral, comment ça s’organise ?
Au retour de cette première aventure théâtrale, l’envie de récidiver était très forte. Alors ils ont écrit un nouveau spectacle « Ismaël in Paris » pour un départ en août 2024. Cette fois-ci, le spectacle serait proposé à des publics qui n’ont pas accès au théâtre.
Estelle et Mansour ont préparé leur nouveau voyage théâtral comme on prépare une tournée mondiale. D’abord l’écriture du spectacle, la préparation des décors, les répétitions puis les premières, en France, avant de partir.
Pour organiser le calendrier de la tournée et trouver les lieux où jouer, ils ont mobilisé leurs réseaux : professionnel, amical et bien sûr le réseau des Alliances Françaises. C’est ainsi que, de fil en aiguille, ils ont pu tracer leur itinéraire de voyage. Les 6 premiers mois de ce voyage théâtral, de cette tournée mondiale, étaient organisés avant le départ de France. La suite s’est construite au fur et à mesure.
Point de vue matériel et logistique, tout ce dont ils avaient besoin c’était de l’électricité, un peu d’obscurité et être à l’abri du vent. Pour le reste, ils étaient complètement autonomes avec le décor, les costumes, les accessoires, la lumière, le son, etc.
Et bien sûr, tout ce matériel devait rentrer dans le van !



Comment s’adresser à différents publics avec une seule pièce ?
La pièce de théâtre qu’ils ont jouée pendant un an a très peu de mots, pour être comprise par tout le monde. Les dialogues sont dans les intentions, dans le jeu des acteurs. Et Mansour nous explique très bien comment chaque personne comble ce manque de mots par ses propres émotions, son vécu, ses peurs, ses attentes. La pièce était construite de telle sorte que chacun pouvait y mettre ce qu’il voulait.
La seule chose, simple, qui était représentée par les trois acteurs, c’était une famille : un père, une mère, un fils. A partir du moment où ces trois éléments étaient parfaitement lisibles, chacun s’y projetait facilement.
Et pour agrémenter cela et faire vivre cette famille sur scène : clarinette, accordéon, piano, tours de magie, mime. Sans oublier l’élément de décor principal : un écran. Sur cet écran étaient projetés des images de Paris, des scènes qu’ils avaient tournées dans la capitale. Et les comédiens s’amusaient à entrer et sortir de l’écran pour embarquer le public dans leurs aventures parisiennes.



Le théâtre comme accélérateur de rencontres
Ce voyage théâtral entrepris par Estelle, Mansour et Ismaël poursuivait un but bien précis : aller à la rencontre des gens. Ils ont envisagé leur pièce comme un accélérateur de rencontres.
En se livrant sur scène, en partageant un bout d’eux-mêmes et de leur famille, les échanges qui s’en suivaient avec le public étaient tout de suite très forts, comme s’ils se connaissaient depuis toujours.
D’ailleurs, Mansour et Estelle nous racontent comment s’est passée la première du spectacle, en France, auprès d’un public empêché et éloigné. Ils ont joué à Stains, en Seine-Saint-Denis, pour un public mélangé d’ados et d’adultes qui ne vont pas dans les théâtres parisiens.
C’était la toute première fois qu’ils jouaient leur pièce donc au-delà de savoir comment le public allait accueillir le spectacle, il y avait aussi l’inquiétude de savoir si tout allait techniquement bien se passer. Un mélange de stress et d’excitation pour un résultat tellement gratifiant et énergisant pour l’année qui allait venir. C’est à Stains, ce jour-là, que leur voyage théâtral à la rencontre de différentes populations a commencé.

Les différences culturelles
J’enfonce un peu une porte ouverte mais en traversant des pays aussi différents les uns des autres, Estelle, Mansour et Ismaël ont été confrontés à des cultures très variées. Ce voyage théâtral leur a permis de jouer aussi bien en Italie qu’en Ouzbékistan, au Kurdistan pour des réfugiés de tremblements de terre ou dans un orphelinat au Mexique. Ils ont joué au Japon, aux Etats-Unis, dans la banlieue de Buenos Aires ou dans celle de Lima. Bref… une diversité de publics qui avaient pour seul point commun de ne pas être des habitués de théâtre. C’est finalement un point commun assez maigre…
Ce qui change d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, c’est l’atmosphère avant le démarrage de la pièce : si les gens parlent beaucoup par exemple, ce genre de choses. Certains publics expriment plus ou moins leurs émotions pendant le spectacle.
Et parfois, les publics n’avaient pas les codes du théâtre. Par exemple, au Kurdistan, Ismaël a été déstabilisé parce que le public parlait en même temps. C’était la première fois pour eux qu’ils assistaient à une pièce de théâtre et ils commentaient ce qu’ils voyaient de la même manière qu’ils auraient commenté une série Netflix !
Ce qui est commun à toutes les représentations qu’ils ont faites, c’est l’enthousiasme à la fin. En Corée par exemple, le public était hystérique. Tout comme en Mongolie, toutes les jeunes filles voulaient une photo avec Ismaël !
Si on ne rêve pas, on ne vit pas. Si on ne crée pas, on ne vit pas.
Estelle, qui rapporte des propos reçus après la représentation au Kurdistan.

Un voyage dans le voyage
Un voyage au long cours en famille est déjà une aventure en soi. Que ce soit en termes de préparation et de logistique dans la vie quotidienne mais également dans les relations intra-familiales, dans le suivi scolaire, dans la gestion de la fatigue, etc. J’en ai largement parlé dans les capsules publiées au cours de notre tour du monde.
Le voyage théâtral a été pour Estelle, Mansour et Ismaël, un véritable voyage dans le voyage. Les rapports parents-enfant n’existaient plus à ce moment-là, ils devenaient tous les trois partenaires de jeu et étaient sur un pied d’égalité.
Chaque jour où ils ont joué, ils ont déroulé une chorégraphie dont les pas et les rôles de chacun se sont affinés les premières semaines : installer le décor, se préparer et se concentrer, jouer la pièce, partager avec le public, ranger le décor et les accessoires, remettre tout dans le van et débriefer. Chacun savait ce qu’il avait à faire. Un véritable ballet !
Et au-delà de tout ce qu’un enfant peut retirer d’une telle aventure autour du monde, que ce soit humainement ou en termes de connaissances, Ismaël a eu l’occasion d’apprendre ce qu’est la vie d’une troupe et toutes les facettes d’une pièce de théâtre. Tantôt sur scène, tantôt en régie, à la préparation de l’itinéraire de la tournée ou à celle des décors et des costumes, il a tout expérimenté avec ses parents !



♥♥♥ Flo & co ♥♥♥
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Infos générales
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