En famille sur le John Muir Trail – Podcast #180
Dans cet épisode, j’accueille Fabien, papa d’une famille de voyageurs. A l’été 2025, Fabien, Fanny et leurs deux enfants alors âgés de 7 et 9 ans, sont partis en famille sur le John Muir Trail. Un trek de 26 jours, 400 kilomètres, 15000 mètres de dénivelé. Un défi un peu fou ? Sans doute. Mais Fabien nous en parle avec une telle simplicité qu’on a presque l’impression que c’est accessible à tous !
De cette aventure familiale extraordinaire, Fabien en a fait un livre qui s’intitule « En famille sur le John Muir Trail, et autres confidences de voyages » aux éditions Maïa. C’est un récit que j’ai eu le plaisir de lire et que j’ai trouvé très bien écrit, ponctué de souvenirs de voyages. A découvrir de toute urgence ! En plus, Fabien vous offre 5% de remise à l’achat de son livre grace au code PARENTS. Profitez-en !
Présentations
Fabien, 41 ans, voyage depuis qu’il est jeune. A 24 ans, il est parti en PVT en Australie. Ce voyage a été comme un révélateur pour lui, dans sa manière de vivre et de dégager du temps pour voyager. Depuis cette époque-là, il ne peut plus s’en passer. Fanny, sa compagne, a beaucoup voyagé dans l’enfance et s’est donc naturellement retrouvée dans les aspirations de Fabien. Eliott, 8 ans et Samuel, 10 ans, ont toujours suivi leurs parents dans leurs aventures et sont déjà de jeunes voyageurs aguerris.
Le John Muir Trail (JMT), qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un sentier d’environ 350 kilomètres au niveau de la Sierra Nevada aux Etats-Unis. On dit JMT qu’il est la plus belle partie du PCT, le fameux Pacific Crest Trail qui traverse les Etats-Unis du Nord au Sud.
Le John Muir Trail, tel que Fabien l’avait rêvé, c’est donc une randonnée au long cours, une through-hike de 26 jours, qui semblait accessible compte tenu du temps qu’ils pouvaient allouer à ce projet et de la configuration familiale de leur équipage.
Fabien et Fanny ont un attrait pour la randonnée, et leurs marches se sont allongées au fur et à mesure des années. A la Toussaint 2024, quelques mois avant de commencer à marcher en famille sue le John Muir Trail, ils ont fait la traversée de Majorque sur une semaine et demi. Les enfants ont apprécié et ont montré qu’ils étaient capables, ce qui a laissé la porte ouverte à un projet de plus grande envergure.
L’idée était donc d’aller découvrir l’Ouest Américain en s’éloignant des villes et des visitor centers et de se retrouver, véritablement, en pleine nature.





Crédit photos : Fabien
Comment est-ce qu’on se prépare pour randonner en famille sur le John Muir Trail ?
Préparation physique
Fanny et Fabien sont assez sportifs et pratiquent le trail, y compris avec les enfants. Eliott et Samuel ont l’habitude de marcher depuis qu’ils sont tout petits et ont l’habitude également de ce genre de vacances un peu sportives. Ils aiment marcher et au-delà de ça, comme le souligne Fabien, ils ne sont pas étonnés quand leurs parents leur proposent ce genre d’aventure ! La préparation physique n’a donc pas été un sujet plus que ça.
Préparation mentale
Si le physique n’a pas été un sujet, marcher, c’est comme voyager et cela demande une certaine capacité d’adaptation et une grande capacité de résilience. Quand on a mal, quand on est fatigués, il faut que le mental travaille et permette d’aller au bout de l’étape. Il faut se préparer à accepter des moments où ce sera un peu plus dur.
Les 4 membres de la famille ont donc travaillé cela en amont grace à de la visualisation. Par exemple, après une journée de marche, ils rappelaient aux enfants que ce sera la même chose pendant 26 jours.
L’expérience de Majorque a également servi de référence. C’est un séjour pendant lequel les enfants ont mis en place une petite routine de trek avec des histoires qu’ils se racontent. Ils ont retrouvé cela sur le JMT.




Crédit photos : Fabien
Préparation logistique
La partie logistique est le volet de la préparation qui a pris le plus de temps.
- Le volet administratif : l’ESTA pour entrer aux Etats-Unis, le permis pour accéder au JMT
- Les formalités pour obtenir le permis de randonner sur le JMT dépendent de l’entrée choisie et du parc national dont l’entrée dépend. Il coûte $15 par personne. Fabien et Fanny sont entrés côté Sud. Ils devaient réserver leur permis 6 mois avant jour pour jour Sur une autre entrée, ça peut être via une loterie par exemple. Le permis autorise l’entrée sur le sentier mais n’impose rien en termes de sortie que ce soit sur le lieu de la sortie ou la durée passée sur le sentier.
- Le transport : les vols vers les Etats-Unis mais ausi le transport pour accéder au sentier et le quitter
- L’équipement : les sacs, les tentes, les duvets, les ustensiles pour manger, les vêtements, etc.
- Même s’ils étaient déjà équipés, Fabien et Fanny ont parfois revu leur copie pour pouvoir partir le plus légers possible. La nourriture est l’élément qui a conditionné beaucoup de choses. Il fallait pouvoir être autonomes pour 10 jours. Autant dire qu’avec deux adultes à porter des affaires pour 4, tout était calculé au gramme près !
- En termes d’équipement, il y a des éléments assez spécifiques aux treks en Amérique du Nord : la boîte à ours est obligatoire. C’est un récipient circulaire, assez lourd, qui sert à mettre la nourriture et tous les produits qui ont une odeur. L’idée est de mettre tout ça à distance de la tente chaque nuit. Si c’est très utile pour éviter que des ours attaquent la tente et ses habitants, c’est également très utile aussi pour éloigner les rongeurs de son stock de nourriture !
- Pour l’eau, ils avaient plusieurs gourdes filtrantes. Mais c’est finalement assez facile de trouver de l’eau sur le JMT parce qu’il y a des rivières et des lacs partout. Une seule bouteille suffisait pour toute la famille.
- La nourriture.





Crédit photos : Fabien
Plus d’infos sur la préparation du JMT sur le blog de Fabien.
La gestion de la nourriture
C’est un peu le sujet qui m’a le plus interpellée dans sa préparation et dans sa gestion tout au long de l’aventure : la nourriture.
Les 26 jours de trek ont été divisés en plusieurs périodes en fonction des possibilités de réapprovisionnement. La première période a duéré 10 jours en totale autonomie. Ensuite, Fabien a fait une échappée en solitaire d’une journée pour accéder à un point de ravitaillement où ils avaient prévu que quelqu’un déposerait des cartons pour eux. (Ouf, les cartons étaient bien là !) D’autres ravitaillements ont été possibles ensuite sur le sentier.
Porter 10 jours de nourriture pour 4, ce n’est pas rien. Tout était donc méticuleusement préparé et mesuré. Qu’ont-ils mangé ? Fabien prévient : « ça ne fait pas rêver ». Le but étant de s’alimenter, pas de se faire plaisir.
- Pour le matin : des céréales muesli, du café,
- A midi: tortillas avec un peu de charcuterie au début et puis très vite, ce sont des choses plus sèches comme du saucisson ou du beef jerky, des sachets de thon.
- Pour le dîner : des plats lyophilisés et plus ça avance sur le parcours, plus c’est simple : noodles ou purée.
- Petit plaisir de la journée : 2 barres de céréales par jour et par personne pour les goûters du matin et de l’après-midi. C’est le moment réconfort pour tout le monde.
- Tout au long de la journée, du trail mix, c’est-à-dire un mélange de graines, avec parfois un peu de chocolat.
Le but était très clair : ingérer des calories pour compenser la dépense d’énergie. Mais également respecter des contraintes fortes en termes de poids et d’encombrement. Il fallait que ça rentre dans la boîte à ours !
La cerise sur le gâteau, les hikers box. Les Américains prévoient tellement trop qu’ils laissent dans des boîtes quand il y a des épiceries à certains moments. Cela a fait le bonheur de notre famille de Frenchies qui avait tout calculé au gramme près !
Ce qu’ils avaient prévu a suffi mais Fabien concède quand même que sur la première partie de 10 jours, ils avaient toujours un peu faim. Ils se rationnaient quand même. Au final, Fabien a perdu 5 kilos, les autres rien.




Crédit photos : Fabien
Gestion du nombre de kilomètres et de la motivation
Le nombre de kilomètres et le dénivelé de la journée jouent bien sûr sur le degré de motivation des marcheurs, surtout les plus jeunes !
Le début a été un peu difficile parce qu’il fallait que le corps s’habitue. En plus, les sacs étaient lourds, remplis de nourriture. Et en commençant par le Sud, on démarre par la partie la plus difficile du JMT, avec les cols les plus haut et la montée au Mont Whitney, qui est le point culminant des Etats-Unis continentaux.
Le programme prévoyait une quinzaine de kilomètres par jour mais il a été adapté au jour le jour. S’ils arrivaient plus tôt que prévu, s’ils étaient en forme parce que par exemple, ils avaient beaucoup descendu ce jour-là, si l’arrêt prévu était pendant une montée ou qu’il n’y avait pas de point d’eau… ils continuaient un peu. D’autres fois, ils ont finalement fait un peu moins que ce qui était prévu pour s’adapter également au programme du lendemain.
Sur la durée, ils ont rencontré peu d’épisodes de manque de motivation. Le plus dur, c’était le premier jour, du fait de la mise en route mais aussi parce qu’ils n’ont pas trouvé le point d’eau où ils avaient prévu de s’arrêter. Sans s’en rendre compte, ils se sont arrêtés pas si loin de l’endroit où ils envisageaient de s’arrêter le lendemain. C’était une journée quasi-double !
Après cet épisode où les parents se sont un peu demandés comment allait se passer l’aventure si dès le premier jour c’était si compliqué, la suite a semblé plus facile.
Quant aux enfants, c’est surtout la topographie qui jouait sur leur motivation. Tant que ça monte ou que ça descend, ils sont contents. Les cols, ils adorent ! Ils s’amusent dès qu’il y a du dénivelé. C’est leur manière de jouer. Les traversées de rivière sont toujours amusantes également. Observer les animaux sur le chemin, biches, marmottes…
D’ailleurs, Fabien explique que les enfants n’ont jamais atteint leurs limites physiques pendant ces 26 jours. Quand l’ennui gagne, c’est dans la tête que ça se joue. Les parents racontent des histoires, les enfants inventent des jeux, ils font des petites révisions d’école. Et au fur et à mesure du trek, les enfants sont devenus de plus en plus autonomes dans ce que Fabien appelle « la pensée occupationnelle ».



Crédit photos : Fabien
Les bénéfices de cette aventure sur leur famille
Comme ont peut s’y attendre, ces 26 jours de marche ont créé beaucoup de lien, de confiance et de simplicité entre eux. Cohésion, communication et entraide ont été au coeur de l’aventure qui leut a permis de se créer des souvenirs fondateurs. Ce trek est une référence mentale pour toute la famille. Ils ont relevé ce défi ensemble.
Pour les enfants, cela a été un booster de confiance en soi. Les enfants sont beaucoup plus capables que les limites qu’on leur met.
L’aventure, c’est un choix. Le randonner en famille sur le John Muir Trail, c’était le rêve de Fabien et Fanny. Quel est le vôtre ? On a souvent tendance à se mettre des barrières. Mais n’attendez pas, il faut se lancer, oser, se préparer et y aller !
De cette aventure familiale extraordinaire, Fabien en a fait un livre qui s’intitule « En famille sur le John Muir Trail, et autres confidences de voyages » aux éditions Maïa. C’est un récit que j’ai eu le plaisir de lire et que j’ai trouvé très bien écrit, ponctué de souvenirs de voyages. A découvrir de toute urgence ! En plus, Fabien vous offre 5% de remise à l’achat de son livre grace au code PARENTS. Profitez-en !
♥♥♥ Flo & co ♥♥♥
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