Cette semaine je vous partage mon point de vue, peut-être un brin philosophique mais qui je trouve est de plus en plus présent dans nos vies : le voyage est-il devenu une compétition ?

Lorsque j’ai ouvert le blog Parents-voyageurs, j’ai longtemps ressenti le besoin de me donner une certaine légitimité. Oui avoir un blog de voyage signifie voyager, et voyager souvent. Sinon qu’elle en serait ma crédibilité auprès de mes lecteurs. Alors, oui je me suis mise la pression, inconsciemment. J’avais très envie de voyager mais au final, si je n’avais pas eu ce blog, aurais-je autant voyagé ? Au final je pense que oui car avant ce blog je voyageais déjà beaucoup mais peut-être pas sous ce prisme là.

Aujourd’hui, avec du recul , je me demande qu’elle était notre réelle motivation à voyager ? Est-ce juste pour se vanter d’être parti loin à la machine à café avec les collègues, où juste pour nous, pour partager un moment avec ses enfants ?

Qui a déjà vécu un dîner entre amis ou non, une tirade de chaque personne vantant leurs fabuleux voyages, chacun à tour de rôle comme s’ils étaientt face à un jury qui va attribuer une note avec sur une pancarte ? 

Dans cet épisode de Podcast, j’ai envie de parler des objectifs du voyage, de se concentrer sur l’essentiel, et non pas sa finalité. Et pourquoi on en arrive à une compétition. 

Quand le voyage devient une compétition

1- Ne pas perdre de vue son objectif de voyage (en famille ou pas).

En réalité, je pense qu’ il y a autant de voyages que de personnes. Chacun envisage et conçoit le voyage à sa manière. Pour nous lorsque l’on part notre objectif est de partager des bons moments en famille, profiter de nos enfants. 

Visiter un peu, mais surtout beaucoup profiter du lieu et des locaux. Admirer l’architecture, prendre des photos, prendre le temps de prendre le temps.

D’ailleurs on choisit les destinations souvent en fonction des tarifs des billets et on se laisse surprendre. Au final, c’est plutôt la destination qui nous choisit.

Relire notre article : Budget voyage, toutes nos infos.

Pour nous, voyager, ce n’est pas une question de nombreuses de choses à visiter, d’incontournables à faire, de croix à cocher. On prend le soin de choisir nos activités car on sait pertinemment que nous n’avons que peu de temps avec les enfants. Les enfants ont une patience limitée donc on capitalise sur l’essentiel. 

Alors pour certains, voyager c’est enchainer les visites, les kilomètres pour voir un maximum de choses. Et je ne dis pas que c’est mal ! Chacun est libre de voyager comme il l’entend et moi aussi j’ai voyagé de cette manière là, plus jeune. 

Aujourd’hui avec les enfants, on voyage plutôt en mode “Slow-travel”. Un terme qui est lui aussi tendance. Cette manie de mettre des mots sur tout c’est agaçant, non? Mais derrière ces expressions anglophones, qui sonnent  bien sur les réseaux sociaux, se cache encore une fois un « paraître ». Pourquoi doit -on se vanter de voyager en mode “Slow-travel” ? Est-ce pour se justifier que l’on ne coche pas toutes les cases de la To-do list des incontournables à visiter?

Alors est ce que l’on peut se poser deux secondes et se demander en réalité pourquoi on voyage ? Avec ou sans ses enfants d’ailleurs ? 

Pourquoi est-on devenu« accro » aux voyages, pourquoi doit-on qualifier nos voyages ? C’est quoi nos objectifs dans tout ça ?

famille zéro déchet ou presque

2- La distance, ce n’est pas ce qui compte dans le voyage.

Si on reste cohérent avec notre 1er point, finalement, ce n’est pas la distance qui sera moteur du choix de la destination. Si notre objectif est bien de passer du temps avec nos enfants, alors pourquoi aller en Indonésie ? En revanche pour la recherche d’un vrai dépaysement, rien de vaut un saut en dehors de nos frontières.

Bref, ce que je veux dire, c’est pour trouver satisfaction dans notre voyage cela nécessite pas forcément de partir loin longtemps. De casser son PEL pour assouvir sa soif de voyage. C’est juste de choisir le voyage qui sera le plus adapté à vos objectifs, à vos envies.

Le voyage est partout pour celui qui veut bien le voir. 

D’ailleurs si on veut reprendre la tendance de la ” #microaventure”, celle-ci rentre parfaitement dans cette idée. 

#microaventure : Encore, une étiquette sur un type de voyage. Comme si l’on voulait  valoriser les « petits » voyages. C’est sûr que ça fait mieux de dire : “ce weekend on s’est fait une micro aventure au bord de la mer” au lieu de dire : “Ce weekend on est allé se promener sur la plage de Berck ! “

Je rigole, j’affectionne notre Nord préféré (pour info à berck on peut y voir des phoques dans la Baie de Somme !) 

Encore une fois, n’est-on pas dans le paraître? On joue sur des mots pour enjoliver notre escapade. Parce que dire que l’on n’est parti pas loin c’est peut-être dévalorisant. Et bien non, on doit assumer tous ses voyages !

Il n’y a pas de “petits” ni de “grands “voyages. Il y a un voyage. Point. A- t-on vraiment besoin que qualifier nos petites escapades avec un qualificatif pour le rendre plus attractif pour les autres (ou pour nous-même)? 

visiter Sepúlveda avec des enfants

3- Prendre du recul avec les réseaux sociaux 

Les réseaux sociaux, influencent nos choix, est un lieu où on recherche l’approbation des autres aux travers des likes et des commentaires. Partager son voyage fait aussi parti du “faire-valoir”, donner envie, montrer aux “autres “à quelle point notre vie est formidable. Les réseaux sociaux nous font perdre toutes notions de valeurs et de sens.

Le preuve, nous mettons des “étiquettes” pour tous les types de voyages.

Ce que je veux dire en dénonçant ces étiquettes, c’est le fait d’assumer l’authenticité du voyage et pourquoi on le fait.  Est ce que l’on peut reconsidérer le voyage comme une aventure humaine, un voyage intérieur, un moment en phase avec soi ou ses enfants sans forcément penser à notre image sociale?

C’est en ça que je trouve que le voyage est devenu une réelle compétition. Celui qui ira le plus loin, le voyage le plus long, le plus fou, .. Et il y a toujours la personne qui va se comparer à tout ça et qui va déprimer en pensant que sa vie est nulle.

Est ce que l’on peut se challenger en 2020 pour se dire de voyager sans rien partager sur les réseaux sociaux ? On ne déballe que nos incroyables expériences qu’à ceux qui nous le demande ? Est on capable de garder ce voyage pour soi ? 

Difficile comme question. Moi la 1ère, j’adore partager nos escapades sur les réseaux sociaux. Mais je m’efforce de faire la part des choses entre partager post-activités, et partager sur le moment et rater complètement mon moment avec ma famille.

 Alors j’ai envie de dire NON à la compétition du voyage, NON au faire-valoir. En revanche, OUI redonner du sens, OUI profiter du moment présent. Sans étiquette, sans anglicisme, sans arrières pensées. OUI aux voyages imprévus, OUI aux voyages qui feront échos à nos valeurs, qui apporteront un retour positif pour les populations. 

Quand je vois encore trop de gens se vanter d’aller aux Maldives, au secours ! Clairement l’appel de la carte postale est trop forte. Partir sur des belles plages instagrammables à fond c’est tentant mais la réalité est tout autre. Aller aux Maldives c’est cautionner les déboires politiques, la Charia la plus stricte au monde. 

Voyager oui, mais avoir une éthique c’est mieux. Que ce soit la sienne ou celle du pays. Partager ses vacances en valorisant des territoires pour les aider économiquement c’est utiliser les réseaux sociaux à bon escient.

Prendre du recul avec les réseaux sociaux c’est aussi revenir à nous-même et nos envies, nos valeurs. 

Dans cet épisode, je voulais juste nous faire prendre un peu de recul sur tout ça. J’ai l’impression qu’on est dans une machine, spirale infernale qui nous pousse à aller plus, plus loin, voir plus de choses, nous mettre de plus en plus de pression. Enjoliver la réalité, sans en montrer les failles, la photo de la famille parfaite (et j’en suis aussi fautive).

 Alors assumons le fait qu’il n’y aucun voyage parfait, que la déception soit parfois de la partie. Parce que oui un enfant peut aussi faire vriller un voyage pour quelconque raison.

Mais au final c’est pas grave. C’est quoi votre objectif ? Qui ressort gagnant de cette compétition ? 

♥♥♥ Emilie&Co ♥♥♥

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Podcast #12:  Pourquoi le voyage est-il devenu une compétition?
Podcast #12: Pourquoi le voyage est-il devenu une compétition?

8 Comments

  1. Bonjour,
    Je suis une passionnée de voyages en famille, et ton article m’interpelle car j’ai déjà eu cette réflexion. Je suis rédactrice web, et je pourrais vivre aisément d’un blog, grâce à mon métier et à mes connaissances en SEO (je connais très bien les moyens de monétiser un blog). Seulement, et ce n’est pas valable uniquement en matière de voyages, les réseaux sociaux nous volent une partie de cette instantanéité. Une partie de nous-mêmes nous échappe en partageant avec le monde entier. Et c’est pourquoi j’ai décidé de ne jamais rien publier sur nos escapades en famille. Il y a suffisamment de blogueurs pour ça. Laisser mon “empreinte voyages inspirants” ne m’intéresse pas, puisque la plupart du temps, ce ne sont que de belles cartes postales. Exit les galères du voyage, les traits de fatigue, etc. Tous ces moments qui font graver le voyage dans le cœur… C’est en effet important de bien définir ses objectifs car le net peut vite nous faire perdre la tête. Mon métier fait que j’ai conscience de ce qui se passe en “backoffice”. Ça enlève le côté glamour, et ça me permet de garder les pieds sur terre.

    • Emilie&Co

      Bonjour Nour,

      Merci pour ton passage ici. Je suis tout à fait d’accord avec toi que les réseaux sociaux nous vole une partie du voyage. Il faut bien prendre du recul par rapport à ça. Après je trouve que le blog, c’est différent car on partage une expérience, des bons plans post voyage. Perso je prends plus de plaisir à partager nos découvertes après aux autres parents comme moi je le suis quand je prépare mes voyages. Par contre, au delà de la monétisation, je pense que trop de collaboration avec les OT et les destination nuit à la qualité de l’information. Il faut trouver le juste milieu. Ici la plupart de nos voyages sont le fruit de nos envies. Mais les réseaux sociaux par contre sont vraiment toxiques pour les 2 parties aussi bien pour le bloggeur que la communauté !
      Emilie

  2. Podcast très intéréssant qui fait réfléchir… et donne envie de voyager sans prise de tête. Et comme toi voyager signifie pour moi “découvrir” au sens large, cela peut donc être au coin de la rue comme à l’autre bout du monde.

    • Emilie&Co

      Merci Célia pour ton écoute.
      Oui je pense que parfois il est important de prendre du recul sur la question du voyage et ré-apprendre à connaitre notre propres envies.
      Donc même aller voir une expo dans la ville d’à côté 🙂 Emilie

  3. Hello Emilie, que cet article me parle! En effet, je suis depuis toujours passionnée par les voyages! Nous avons beaucoup voyagé à 2, puis à 3 loin des réseaux sociaux et des blogs! Mais le fait de créer mon blog puis d’en faire mon métier a complètement changé notre façon de voyager! Comme toi, il y a une augmentation du nombre de voyages, de destinations… A un moment, prise par le besoin de partager avec les autres, ces moments devenaient anxiogène! Mes enfants en avaient marre de m’entendre dire “y’a pas de réseau!”!

    Mais pour nos un an en Amérique du Sud, j’ai décidé de changer les choses! Profiter pleinement et entièrement de ce moment privilégié que nous attendions depuis 17 ans! Je n’en ai pas profité pour faire le buz et de la pub pour mon blog et ma boutique! Je n’ai partagé sur Instagram que tous les 3/ 4 jours et sur Facebook une seule fois par semaine! J’écrivais un article une fois par semaine, mais d’après mes coups de coeur, pas pour tenir en haleine les gens! Et cela m’a fait du bien et à nous tous!

    Par contre, cette mise en avant de nos voyages n’a jamais changé nos motivations: partir à la découverte de nouvelle culture, de nouvelles rencontres, d’en apprendre plus sur le monde qui nous entoure!

    • Emilie&Co

      Merci Sandrine pour ton commentaires. Je comprends tellement ce que tu dis. Je pense que tu as eu raison de te détacher des réseaux pour ce voyage tant attendu. Revenir à l’essentiel c’est important et savoir se retrouver en famille dans ce voyage. Prendre du recul ne veut pas dire forcément changer notre avis sur le sujet. C’est juste se préserver je pense. D’ailleurs au plaisir d’échanger avec toi sur le sujet dans un podcast. Je t’ai écrit sur Insta 🙂 A bientôt. Emilie

  4. C’est un peu la faute des réseaux sociaux et les digital voyageurs qui se créent déjà de la concurrence entre eux pour promouvoir une destination. Ils sont l’outil des offices du tourisme et des compagnies aériennes.
    Je suis comme toi, même sans enfants, j’ai opté pour le slow travel et il y a tellement à faire tout prés de chez nous, pourquoi aller ci-loin 😉

    • Emilie&Co

      Merci Katou pour votre passage ici. Oui malheureusement je pense que avant tout ce sont les réseaux sociaux qui poussent à ce comportement. Effectivement lorsque l’on fait beaucoup de collaborations avec les OT, ça créé une masse de contenu qui n’est pas toujours saine, et à la fois pour les créateurs et les lecteurs. A nous de faire la part des choses et vivre le voyage que l’on veut vraiment. Emilie

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