Comment passer de « circuler à vélo pour les trajets quotidiens » à « partir en vacances à vélo » ? – Podcast #173
Dans cet épisode, j’ai le plaisir de recevoir Audrey et Michaël, les parents d’une famille recomposée de 4 garçons âgés de 10 à 16 ans. Ils sont membres actifs d’une association qui vise à encourager les déplacements à vélo dans le quotidien. Il s’agit de Place au Vélo et plus particulièrement de son antenne Place au Vélo en Retz. Après la présentation de cette association qui est présente sur une large partie du territoire Français, j’aborde avec Audrey et Michaël le sujet des vacances à vélo.
Comment faire une place au vélo pendant les vacances quand on n’est pas de grands sportifs ou quand on aime visiter des pays étrangers sur un temps limité ? En effet, voyager loin à vélo demande beaucoup de préparation mais aussi beaucoup de temps si on donne les premiers coups de pédale au départ de chez soi… Cela peut être un frein pour de nombreuses familles (dont la mienne !). Audrey et Michaël nous présentent des options concrètes pour intégrer le vélo à nos voyages.
Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon, un événement rassemblant des centaines de podcasteurs pour porter haut les actions d’associations. Vous pouvez retrouver nos précédentes participations à cet événement sur la page du podcast. Nous avons eu le plaisir de mettre en lumière les associations United Schools, Ecoliers des Philippines et L’enfant à l’hôpital.
- L’association Place au vélo
- Le vélo, une activité physique mais pas que…
- Est-ce dangereux de circuler à vélo en France ?
- Passer de « circuler à vélo pour les trajets quotidiens » à « partir en vacances à vélo »
- Les bienfaits des vacances à vélo
- Concilier vacances à vélo et visites, c’est possible ?
- Partir en vacances à vélo ou faire du vélo en vacances ?
- Est-ce que les enfants ont apprécié ces vacances à vélo ?
- Quel équipement faut-il pour des vacances à vélo ?
- Est-ce que le concept des vacances à vélo est adapté à toutes les familles ?

L’association Place au vélo
L’association Place au vélo est un ensemble d’associations qui se coordonnent pour promouvoir l’usage du vélo au quotidien. Pourquoi différentes entités ? Tout simplement pour pouvoir répondre aux spécificités de chaque territoire.
Audrey et Michaël sont membres de Place au vélo en Retz qui agit sur le territoire de la Communauté de communes de Pornic, en Loire-Atlantique. Mais rien que dans notre département, il y a plusieurs associations du même nom qui couvrent chacune un territoire distinct : Nantes, Estuaire, etc…
Toutes les associations Place au vélo sont affiliées à la FUB, la Fédération des Usagers de la Bicyclette. C’est la FUB qui coordonne, avec la Sécurité Routière, toutes les actions de sensibilisation qu’il peut y avoir au cours de l’année.
Les missions de Place au vélo en Retz :
- Itinéraires du quotidien et infrastructures. Faire en sorte que les aménagements cyclables soit sécurisés au sein d’une commune et entre deux petites villes. Cela implique un travail de concertation avec les mairies et les intercommunalités.
- Proposer des boucles pour des sorties à vélo.
- Sensibilisation à la sécurité, aux éclairages par exemple, particulièrement importants en hiver.
- Travailler l’imaginaire autour du vélo en proposant des événements. Récemment, nous avons pu participer à une conférence sur le voyage à vélo et à une balade lumineuse avant Noël par exemple.
Si vous voulez profiter du travail fait par l’antenne Place au Vélo la plus proche de chez vous, ou encore mieux, si vous souhaitez les aider dans leur mission, retrouvez le contact ici. Comme toutes les associations, les Place au vélo de France ont besoin de bénévoles !
A noter : l’association proche de chez vous ne s’appelle peut-être pas Place au vélo. Mais il y a de bonnes chances que leurs missions soient tout à fait similaires à celles décrites par mes deux invités !
Le vélo, une activité physique mais pas que…
Pendant longtemps, je n’ai vu le vélo que comme une activité physique et ce n’était pas celle que j’avais choisie pour me dépenser. Audrey, qui avant de connaître Michaël, ne faisait pas de vélo, ni dans son quotidien ni en vacances, explique très bien les bienfaits d’une sortie à vélo. En fait, prendre son vélo, que ce soit pour se promener ou pour aller d’un point A à un point B, est une activité en extérieur, une grande bouffée d’oxygène qu’on peut facilement partager avec ses enfants. Et il y a plein de manières de faire du vélo sans être fatigué et sans avoir de courbatures !
Michaël souligne d’ailleurs que le vélo à assistance électrique permet encore plus de démocratiser l’utilisation du vélo en loisir en faisant sauter quelques réticences qui pouvaient peut-être être présentes.

Est-ce dangereux de circuler à vélo en France ?
J’ai partagé une autre de mes réticences à circuler à vélo à Audrey et Michaël. J’habite dans un village de campagne, à 2 kilomètres du bourg. Dès la sortie de la maison, je me retrouve sur une route départementale toute en virages sur laquelle les automobilistes roulent assez vite et parfois avec peu de visibilité. Pas très encourageant…
Michaël abonde : la sécurité est le frein principal à l’utilisation du vélo au quotidien. C’est vraiment une grosse partie du travail de l’association :
- Trouver des itinéraires bis, plus adaptés et plus sécurisés pour les cyclistes. Souvent, cela rallonge un petit peu mais à vélo, 500m de plus ou de moins ne font finalement pas une grande différence…
- Matérialiser sur la route la présence des vélos avec des peintures au sol et des panneaux informant de la traversée de cyclistes par exemple lorsqu’un itinéraire vélo traverse une route départementale.
- Rappeler aux automobilistes les bons comportements quand ils doivent partager la route avec un cycliste. Dans quelle situation est-ce opportun de depasser ou non, etc.
- Identifier les endroits à améliorer pour qu’un itinéraire bis soit effectivement utilisé par les cyclistes : mise en place de miroirs à des carrefours, amélioration de revêtements, etc.
Passer de « circuler à vélo pour les trajets quotidiens » à « partir en vacances à vélo »
Si Michaël et Audrey sont adeptes du vélo pour leurs trajets quotidiens, je leur ai demandé comment ils sont passés à l’étape d’après, à savoir partir en vacances à vélo. Parce que si c’était évident pour Michaël, ça ne l’était pas du tout pour Audrey, qui, pour des raisons de santé, ne pouvait pas envisager de partir sur la durée en vélo musculaire. Mais sentant que c’était un projet qui tenait à coeur à Michaël, elle a commencé à organiser une escapade de quelques jours, des petites vacances à vélo en amoureux, sur le canal de Nantes à Brest.
Pourquoi seulement à deux ? Pour être sûre d’apprécier le moment et être elle-même convaincue avant de pouvoir ensuite être moteur dans une future expédition avec les enfants.

Le plan initial était donc de louer un vélo à assistance électrique mais cela s’est avéré plus difficile que prévu… Audrey a donc acheté un vélo pour l’occasion. Signe quand même qu’elle souhaitait s’engager dans la démarche…
Pour Audrey, il était important de se préparer physiquement pour vraiment profiter de l’expérience. Donc pendant 4 à 5 semaines, ils ont commencé à faire des balades au départ de la maison en augmentant chaque fois la distance, jusqu’à être parfaitement à l’aise sur une distance de 40 kilomètres plusieurs jours d’affilée.
Les bienfaits des vacances à vélo
Audrey et Michaël sont donc partis fin prêts pour 5 jours en amoureux sur le canal de Nantes à Brest, ou plutôt de Brest à Nantes. Et attention… alors qu’elle a toujours voyagé depuis qu’elle est petite, c’est la première fois qu’Audrey s’est sentie absolument libre.
- Profiter d’être avec les personnes avec qui elle avait envie de partager ce voyage.
- Être vraiment à nu dans l’environnement et pouvoir en profiter car la voie cyclable est parfaitement sécurisée et rien ne vient requérir d’attention particulière.
Audrey a immédiatement été conquise et chaque jour a apporté son lot de petits bonheurs. Voyager à vélo, c’est vraiment une autre manière de voyager et de s’imprégner de l’environnement qu’on découvre au fur et à mesure des kilomètres.
Pour couronner le tout, Audrey et Michaël avaient fait le choix de loger chez l’habitant à chaque étape, principalement en échange de maisons. Ils ont chaque fois rencontré des hôtes charmants avec qui ils ont créé des liens, après avoir profité d’une journée seuls au monde sur leur vélo.
Concilier vacances à vélo et visites, c’est possible ?
Partir en vacances à vélo, c’est super ! Mais si l’activité du jour est d’aller d’un point A à un point B, comment on fait pour intercaler des visites ? Pour Audrey et Michaël, l’un n’est pas incompatible avec l’autre mais il faut le préparer, au moins en termes de kilomètres.
En effet, si on se dit qu’on fait 40 kilomètres dans la journée, ça va représenter environ 2h de vélo. C’est donc assez facile de prévoir de sortir un peu de l’itinéraire et de consacrer une demi-journée à une visite ou une activité qu’on a envie de faire.
En revanche, si on a prévu 80 kilomètres dans la journée, soit environ 4h de vélo, il va peut-être manquer un peu d’envie et de pêche pour en plus faire des visites.
Et comme le soulignent très justement Audrey et Michaël, pour ces vacances à vélo, ils n’étaient pas accompagnés des enfants. Avec leurs quatre garçons, ils auraient certainement prévu moins de 40 kilomètres par jour ou en tout cas, ils auraient cherché à intégrer plus d’activités pour se faire plaisir tous ensemble.
Partir en vacances à vélo ou faire du vélo en vacances ?
La différence peut paraître subtile mais en fait, partir en vacances à vélo ou faire du vélo en vacances, cela n’a rien à voir. Et c’est aussi pour cela que j’avais à coeur d’interviewer Audrey et Michaël pour qu’ils nous partagent leurs différents types de vacances à vélo.
L’été dernier, toute la famille est donc partie en vacances aux Pays-Bas, le royaume du vélo. D’ailleurs, de l’aveu d’Audrey, commencer par les Pays-Bas est plutôt simple pour des vacances à vélo puisque chaque route est doublée d’une voie vélo donc il n’y a pas de problème d’itinéraire et c’est très plat !
L’objectif et le deal passé avec les enfants était de rayonner à partir d’un point de chute. Audrey et Michaël ont trouvé un échange de maisons et ont pu s’arranger avec les hôtes pour pouvoir disposer des vélos pour les enfants. Eux avaient pris les leurs, un peu particuliers, avec un porte-vélos fixé sur la voiture. De là, tous les trajets de moins de 15 kilomètres aller du logement se faisaient à vélo.



Est-ce que les enfants ont apprécié ces vacances à vélo ?
Si les parents étaient déjà sûrs d’être conquis par la formule, qu’on pensé les enfants de ces vacances à vélo ? Eh bien, les deux enfants qu’Audrey qualifie « d’enfants d’intérieur » ont d’abord pensé à un traquenard pour les faire sortir et bouger à tout prix. Mais, finalement, de fil en aiguille, chacun a trouvé des points positifs à ces trajets à vélo.
En effet, ces trajets étaient un moyen de faire une activité tous ensemble tout en étant chacun à son rythme. Et puis, c’est toujours plus agréable de se déplacer au grand air plutôt qu’à 6 dans une voiture où finalement, il est assez difficile d’avoir son propre espace…
Quel équipement faut-il pour des vacances à vélo ?
C’est un sujet que je n’ai jamais vraiment investigué et pour être honnête, vu de ma fenêtre, ça me semble un peu compliqué de s’équiper pour des vacances à vélo. Si vous êtes comme moi, pas de panique, voici les quelques conseils de Michaël et Audrey :
- Voyager léger. Si on a un doute sur l’utilité de quelque chose, on ne le prend pas ! Si besoin, on pourra toujours faire une petite lessive à la main.
- Avoir un vélo en bon état : avec une chaîne bien graissée, des freins bien réglés, un éclairage adapté.
- Deux sacoches de chaque côté, pour équilibrer le poids.
- Du matériel pour des petites réparations rapides : une chambre à air pour chaque vélo, une pompe et les outils pour monter/démonter.
- Des gourdes, à remplir dès qu’on voit un point d’eau ! L’application Geovelo peut vous aider à les localiser (tout comme elle pourra vous aider pour votre itinéraire ou encore trouver un lieu pour réparer votre monture).
- Un vêtement de pluie.
- Selon le lieu des vacances, un petit brumisateur pour se rafraîchir.
On note ici qu’Audrey et Michaël partent en vacances à vélo mais sans tout le nécessaire de camping. On peut aussi faire simple et plus confortable que le camping et cela restera une très chouette expérience. Comme d’habitude, ce sera à chacun de mettre le curseur là où il le souhaite ! Il n’y a pas de mauvaise façon de faire ses vacances à vélo !
Est-ce que le concept des vacances à vélo est adapté à toutes les familles ?
Réponse en choeur de mes deux invités : oui !
- Il n’y a pas besoin d’être sportif.
- Il n’y a pas besoin d’une organisation trop compliquée.
- On peut choisir des destinations dans lesquelles on va se sentir en sécurité : les Pays-Bas, c’est parfait mais en France, l’île de Ré, l’île d’Yeu, la Vélodyssée, les canaux aménagés, etc. sont aussi des options idéales ! Pour vous aider dans votre choix, consulter les ressources de France Vélo Tourisme.

J’aime beaucoup cet épisode parce qu’on ne parle pas de long périple assez incroyable comme pour les familles que nous avons déjà pu recevoir dans le podcast (je vous mets quelques liens ci-dessous si cela vous intéresse d’écouter ces épisodes néanmoins passionnants !). Faire des vacances à vélo, cela peut rester accessible pour monsieur et madame tout le monde et cela me tenait à coeur de pouvoir mettre cela en lumière également.
Et bien sûr, si vous ne savez pas trop par où commencer pour faire du vélo, comme le dit Audrey, « Commencez petit. L’essayer, c’est l’adopter ! ». Pensez à vous rapprocher d’une association locale qui pourra vous mettre en selle !
♥♥♥ Flo & co ♥♥♥
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