Pourquoi l'Inde en famille est un voyage qui fait peur ?

Nous revenons tout juste de deux semaines de vacances en Inde et je sais déjà que ce voyage gardera une place particulière parmi tous nos autres voyages. L’Inde est un pays hors-normes et n’est pas ce qu’on peut appeler une « destination famille ». Pourtant, on trouve tout ce qu’on aime dans ce pays-continent : des paysages à couper le souffle, des monuments pluri-centenaires absolument merveilleux, des plages dignes des plus beaux archipels du monde. Alors, qu’est-ce qui fait qu’on n’y pense pas pour un voyage en famille ? Qu’est-ce qui nous fait peur ? Je passe ici en revue les appréhensions que nous avions avant d’entreprendre ce voyage. Etaient-elles fondées ?

Les maladies

C’était ma plus grande crainte : être malade pendant le voyage. Pourtant, ce n’est pas du tout un sujet auquel je pense en général mais étant un peu sensible des intestins, j’avais peur que les vacances soient gâchées à cause de nausées, diarrhées ou autres joyeusetés.

Pourquoi a-t-on peur d’être malade en Inde ? Eh bien, comme beaucoup de pays moins développés que la France, l’accès à l’eau potable est loin d’être une évidence. Et on trouve donc potentiellement beaucoup de bactéries dans l’eau du robinet. Bactéries qui peuvent nous rendre malades en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Et ce problème d’eau a des répercussions sur la nourriture car les fruits et légumes non-cuits sont lavés à l’eau. Mais cela peut aussi avoir des répercussions sur votre propre hygiène. Quand vous vous lavez les dents avec l’eau du robinet, vous en ingérez toujours un petit peu. C’est tout bête mais cette question de l’eau vous impose une vigilance constante. Et encore plus avec les enfants bien sûr !

La pharmacie de base

Pour parer à toutes sortes de problèmes, avant de partir, je vous conseille d’aller voir votre médecin pour constituer une pharmacie de base. Voici ce qui nous avait été prescrit avant le départ :

  • Anti-diarrhée : du Smecta pour tapisser la tuyauterie. Certains médecins ajouteront sans doute de l’Immodium pour stopper le transit ;
  • Anti-vomitif : Vogalen ;
  • Anti-douleurs intestinales : Spasfon ;
  • Anti-douleurs : Paracétamol ;
  • Antibiotique à spectre large : Amoxicilline, à utiliser en cas d’infection.

Même si nous n’avons pas été beaucoup malades, tout nous a été utile sauf l’antibiotique. Mais sur 8 voyageurs venant de France, il n’y a que mon fils et moi qui avons été touchés. En prenant quelques précautions, même les plus sensibles peuvent résister au choc !

Ajoutez également un anti-moustiques, de la crème solaire, un spray antiseptique.

Pour une courte période, il n’y a pas de vaccin obligatoire. On ne peut que recommander le vaccin contre l’hépatite A. Deux doses espacées d’un mois vous protègent à vie. Pour un séjour prolongé dans des zones spécifiques, il faudra peut-être penser à se protéger du paludisme. Parlez-en à votre médecin.

L’assurance santé

Dans un pays comme l’Inde, si on a un problème de santé un peu plus important, ce n’est quand même pas si simple de voir un médecin. Les distances sont très grandes donc plusieurs heures de route peuvent être nécessaires pour rejoindre le 1er hôpital. Pour vous rassurer, Santexpat propose un service de téléconsultation 24/7 avec un médecin français. Ça change tout et c’est très rassurant. Déjà, vous parlez votre langue pour expliquer vos symptômes, vous pouvez être rassurés sur les compétences du médecin qui correspondent à vos standards habituels et vous pouvez le joindre d’où vous êtes. Si besoin, il pourra vous faire parvenir une ordonnance électronique valable partout dans le monde.

Dans quels cas peut-on avoir besoin d’un médecin ? Eh bien en cas de fièvre qui ne descend pas par exemple. L’auto-médication avec la pharmacie de base, c’est bien mais mieux vaut ne pas jouer aux apprentis sorciers quand le problème persiste. Prendre une assurance est un petit investissement qui vous permet de partir l’esprit tranquille. Et ça, ça n’a pas de prix !

Le petit plus de Santexpat : un abonnement d’un an à la plateforme Salvum qui permet permet à toute la famille de se former aux gestes qui sauvent. Quand on voyage, avec des enfants de surcroît, connaître les gestes des premiers secours, peut être d’une grande aide. Pensez-y !

La nourriture

Passé cette peur des maladies que j’avais pour notre voyage en Inde en famille, je dois avouer que je me posais un certain nombre d’autres questions. Qu’est-ce qu’on va manger ? Perso, je ne suis pas ultra fan des plats épicés et les enfants encore moins. Sachant que les Indiens mettent du poivre (en quantités astronomiques) et du chilli partout, la question de la nourriture était une vraie question !

Eh bien… notre phrase préférée a été « no chilli, no black pepper please ». C’est indispensable de la préciser partout parce que malgré ça, ils ne peuvent s’empêcher d’en mettre et ce qui leur apparaît sans doute ultra fade est déjà pas mal relevé pour nos papilles !

De manière générale, on trouve très souvent du riz et des pâtes. Dans certains hôtels, il y a même des frites. Partout, on trouve des chips et des biscuits. Et surtout, il y a des fruits ! Vivent les bananes du Kerala ! On est d’accords, ça ne fait pas des repas hypers équilibrés mais au moins on mange ! Côté viande, ce sera essentiellement du poulet vu le statut sacré de la vache et l’importante population musulmane qui ne mange pas de porc.

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Ceci était très très épicé !! / Crédit photo : Flo

La foule

L’Inde est en passe de devenir le plus peuplé du monde. Avec 1,4 milliards d’habitants, je craignais la foule, surtout avec les enfants… Même s’ils grandissent (ils ont 9 et 7 ans), pendant ce voyage, ils étaient avec des copains. Et quand on rigole et qu’on joue avec les copains, on ne fait pas toujours attention où on va. Ça peut être vite fait de se perdre de vue.

Et c’est vrai qu’il y a du monde… mais à part à New Delhi, nous n’avons pas été oppressés par la foule. Et comme il y a très peu de touristes occidentaux, nos enfants ne passaient pas vraiment inaperçus. C’était assez simple finalement de garder un œil sur eux. Et là, où je pouvais craindre qu’ils soient un peu tête en l’air du fait d’être avec les copains, finalement, nous étions aussi plus d’adultes ! Donc à nous tous, on savait toujours où étaient les autres.

En revanche, il y a une chose que je n’avais pas trop anticipé, c’est la circulation chaotique dans les villes, couplée à l’absence de trottoirs. Une petite balade en ville est donc un véritable challenge avec tous les sens aux aguets. Il faut faire attention où on marche (gravas, déchets en tous genres, gens posés là…) et il faut faire attention aux scooters et aux tuktuks qui klaxonnent joyeusement pour nous demander de nous pousser. C’est très bien mais comme ça fait un raffût du tonnerre, on ne sait plus très bien si c’est nous qui devons nous pousser ou non… Bref, il faut être en alerte et tenir les mains des plus jeunes !

Chaque visite de mausolée, fort ou autre palais est un véritable havre de paix et permet de s’extraire du tumulte de la ville.

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Vélos, tuktuks, charrettes, piétons, voitures…

Les transports

Dans tous nos voyages, on cherche à être autonomes et le plus souvent, on loue un véhicule. En Inde, il faut oublier cette idée. La conduite indienne a ceci de spécial qu’elle semble ne suivre aucune règle !

Et globalement, sur un séjour de courte durée en famille, on oublie également les bus locaux. J’avais très envie de prendre le train mais les distances sont tellement grandes que le train apparaît souvent comme une solution trop lente. Et il faut savoir qu’il n’y a pas beaucoup d’options chaque jour pour relier une ville à l’autre. Nous n’avons donc pu le prendre qu’une seule fois, entre Jaipur et Jodhpur : 5 heures de trajet en compartiment couchettes.

Comment fait-on alors pour aller d’un point A à un point B ? Eh bien, il faut s’arroger les services d’un chauffeur. C’est une pratique très courante pour les touristes en Inde et pas que les touristes Occidentaux. Les touristes Indiens fonctionnent comme cela aussi.

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Pour notre première semaine de voyage, à 12, nous avions donc un mini-bus avec un chauffeur qui nous a accompagnés pendant 5 jours. Cela a un côté reposant parce qu’on ne passe pas de temps à chercher un taxi ou un tuktuk pour visiter quoi que ce soit. Mais cela a un côté frustrant parce qu’on n’a pas la liberté de s’arrêter dès qu’on voit un endroit joli (et encore moins en voyage à 12 !). Et le chauffeur veut sans arrêt vous amener chez ses copains (boutiques, restaurants, hôtels… il en connaît du monde !). Petit point curieux également, les chauffeurs, même ceux faisant partie d’une compagnie de transports reconnue et d’un bon standing, ne savent pas nécessairement faire fonctionner un GPS ! C’est souvent nous qui lui indiquions la route !

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Notre minibus pour visiter le Kerala / Crédit photo : Flo

Vous avez dit tuktuk ?

Dans une ville, pour rejoindre votre hôtel ou un lieu de visite par exemple, nous avons testé deux options : le tuktuk et le uber.

Ne vous y trompez pas, malgré sa petite taille, un tuktuk a une très grande contenance ! Quatre passagers plus les valises pour deux semaines de voyage, c’est large. Huit passagers et les sacs-à-dos de la journée, c’est moins large mais ça se fait facile. 10 passagers, le chauffeur et les sacs-à-dos de la journée, ça passe toujours !! C’est le max que nous ayions fait : le chauffeur de tuktuk était accompagnée de sa femme et son fils qui ont voyagé dans le petit coffre à l’arrière…

Dans les villes du Nord, nous avons plusieurs fois opté pour un Uber. A 8, on pensait devoir prendre un Uber XL mais il y en a trop peu. On prenait donc un taxi de taille normale. Huit passagers plus le chauffeur dans une petite voiture, ça passe ! Le taxi uber a plusieurs avantages : les sièges sont confortables, souvent ils ont la clim mais surtout, les chauffeurs ont d’office un GPS sur leur appli uber. Ils savent où ils doivent aller, c’est un luxe appréciable.

Les autres craintes pour un voyage en Inde en famille

La pauvreté

Parmi nos autres craintes d’avant départ, il y avait celle de se confronter à la pauvreté extrême. Ce n’est pas facile de s’y confronter en tant qu’adultes, cela peut être extrêmement déroutant pour un enfant. Soyez rassurés. Même si la pauvreté est évidemment visible partout, ne serait-ce que dans les habitations, il n’y a que très peu de mendiants dans les rues. On n’a vu très peu d’enfants démunis ou errants. Une seule fois, une petite fille nous a demandé de l’argent, c’était à la gare de Jodhpur.

La sécurité

Et malgré une pauvreté bien réelle dans tous les endroits que nous avons visité, nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité. Nous n’avons jamais craint de nous faire voler nos affaires ou notre téléphone par exemple. Les gens sont plutôt souriants et curieux de venir à notre rencontre.

Les sollicitations commerciales intempestives

Il y a certains endroits où on se fait alpaguer sans relâche pour acheter une babiole ou pour prendre un tuktuk. Il s’agit des abords des lieux touristiques : Taj Mahal, Fort Rouge d’Agra, Palais d’Amber, Palais des Vents ou City Palace à Jaipur, etc. La meilleure technique qui nous a été recommandée par un guide est d’ignorer les personnes. C’est très difficile mais très efficace….

Si vous vous trouvez à un endroit et que vous semblez chercher un peu votre chemin, ils commenceront pas vous proposer un tuktuk. Si vous posez plutôt une question, ils seront ravis de vous aider sans chercher à vous vendre quoi que ce soit.

La curiosité

Nos enfants ont été très souvent arrêtés pour être pris en photo. C’est souvent le plus jeune qui a le plus la cote. Notre aîné, blond avec des lunettes, a également rencontré un certain succès ! Nos enfants n’ont pas été dérangés par cela et ont le plus souvent accepté de jouer le jeu. En tant qu’adultes, nous avons également été pris en photos un certain nombre de fois !!! En retour, ils offraient leur plus beau sourire à mon objectif ! Sur deux semaines de voyage, dans des zones pourtant touristiques, nous n’avons croisé que très peu de touristes occidentaux et encore moins de familles occidentales ! D’où la curiosité des locaux à notre égard.

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De vraies stars ! / Crédit photo : Flo

Un voyage en Inde n’est pas un voyage comme les autres. Certaines visites relèvent plus de l’expérience que du plaisir, certes. Mais nous garderons en mémoire la rencontre avec une population accueillante et curieuse, disposée à aider. Avant d’envisager une telle aventure, préparez-vous. Lisez des guides et des témoignages d’autres familles pour avoir une idée de ce qui vous attend là-bas. C’est à mon avis le meilleur moyen de ne plus avoir peur et ainsi préparer sereinement votre voyage en Inde en famille.

Vous pouvez par exemple commencer par écouter le podcast 105 dans lequel j’interviewe notre copine Caroline au sujet de son expatriation à New Delhi. Et bien sûr, d’autres articles suivront sur nos deux semaines dans cet incroyable pays !

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Pourquoi l’Inde en famille est un voyage qui fait peur ? / Crédit photo : Flo

Cet article a été écrit en collaboration avec Santexpat qui m’a évidemment laissé le champ libre pour vous partager mon expérience de voyage en Inde en famille. N’ayez pas peur de vivre une telle aventure avec vos enfants mais préparez-vous !

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