Comment se faire des amis en Espagne ? notre expérience
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Se faire des amis en Espagne : notre vérité après 10 ans d’expatriation – Capsule #7

Quand on envisage de s’installer en Espagne en famille, on imagine souvent une intégration facile. La douceur de vivre, la chaleur du climat, la bienveillance naturelle des gens… Tout semble réuni pour se créer rapidement un beau cercle d’amis. Et puis la réalité s’installe. Et on comprend que se faire des amis en Espagne, de vrais amis, ceux qui viennent dîner chez vous le samedi soir, ceux à qui vous confiez vos doutes de parents expatriés… c’est une tout autre aventure.

Après dix ans de vie quotidienne à Madrid, voici notre vérité, sans filtre, avec les belles surprises et les désillusions utiles. Et surtout, avec des pistes concrètes pour ceux qui s’apprêtent à franchir les Pyrénées.

Bienvenue sur cette série de capsules dédiée à l’expatriation en Espagne. Je partage tous les mois des informations pratico-pratiques pour préparer votre installation en Espagne à partir de notre expérience à Madrid. Belle écoute ! Retrouvez tous les épisodes dans la playlist vivre en Espagne ici !

Les Espagnols : chaleureux, oui mais pas si faciles à apprivoiser

Soyons clairs : les Espagnols sont des gens extraordinairement chaleureux. Accueillants, bienveillants, toujours prêts à vous aider dans la rue ou dans les transports, il y a une douceur dans les relations humaines ici qui manque parfois cruellement en France.

Mais s’intégrer socialement en Espagne ne se résume pas à bénéficier de cette chaleur de surface. Parce que les Espagnols ont ce qu’ils appellent les amigos de toda la vida  les amis de toute la vie. Un groupe d’amis d’enfance, souvent tissé dès l’école primaire, d’une solidité à toute épreuve. Et ce groupe-là est généralement… complet. Il ne laisse pas beaucoup de place aux nouvelles rencontres.

À cela s’ajoute la place immense qu’occupe la famille dans la vie sociale espagnole. Les cousins, les oncles, les tantes, les grands-parents, les repas dominicaux au pueblo… L’agenda d’un Espagnol est souvent bien rempli avant même que vous entriez dans le décor. Ce n’est pas un manque d’intérêt pour vous : c’est simplement la structure naturelle de leur monde.

Et puis il y a cette particularité culturelle forte : en Espagne, on se retrouve dehors. Au parc, en terrasse, pendant que les enfants jouent. Cette vie extérieure, cette convivialité de rue, c’est l’une des plus belles coutumes du pays. Mais être invité à franchir le seuil d’une maison espagnole, rentrer dans l’intimité de quelqu’un… ça, c’est une étape qui prend du temps, beaucoup de temps. Les Espagnols protègent leur sphère privée. Un dîner entre amis le samedi soir, c’est une marque de confiance qui se mérite.

Ce que notre expérience nous a appris

Après une décennie d’expatriation en Espagne, nous nous sommes bien sûr fait des amis. Et quand je regarde qui ils sont, c’est très révélateur.

La majorité sont des couples multiculturels : une famille franco-espagnole, nos voisins de palier. Un couple colombo-madrilène. Et une famille madrilène pure souche, mais dont la maman a étudié en France, parle notre langue, et connaît intimement notre culture. Cette petite brèche interculturelle — cette fenêtre ouverte sur notre monde — change absolument tout. Elle crée un terrain commun, une compréhension mutuelle qui permet d’aller bien plus loin dans la relation.

C’est principalement via l’école que ces rencontres se sont nouées. Les enfants sont des passeurs extraordinaires : ils créent des ponts sans se poser de questions, et les parents se retrouvent à discuter à la sortie de l’école, puis à partager un café, puis un apéro, puis une sortie en famille… Les liens se tissent naturellement, à leur rythme.

Je vous donne un exemple qui dit tout. Les parents du meilleur ami de notre fils Louis. Nous les connaissons depuis quatre ans. Il nous a fallu quatre ans pour vraiment nous sentir proches. Et cette année, ils nous ont invités à la communion de leur fils — avec toute la famille réunie. C’était pour nous un honneur immense, une reconnaissance profonde. Ce type d’invitation ne s’improvise pas. Ça se construit, ça se mérite, et ça prend du temps.

Ce qui n’a pas fonctionné

Je veux aussi vous parler de ce qui n’a pas marché, parce que c’est tout aussi utile.

La salle de sport. Pendant des années, nous y sommes allés régulièrement. Résultat : zéro rencontre. On se sourit, on se dit bonjour, mais la relation ne dépasse jamais le vestiaire. En Espagne, la gym n’est pas un lieu de socialisation entre expatriés ni même entre locaux. Chacun vient, fait sa séance, repart. Si vous comptez sur ça pour élargir votre cercle amical… passez votre chemin.

Le covid. J’avais commencé des cours d’espagnol à la mairie, une idée que je recommande chaudement d’ailleurs, et on avait formé un petit groupe vraiment sympa — des étrangers de tout horizon, dans la même situation que moi. C’était chaleureux, enrichissant. Et puis le covid est passé par là. Le groupe s’est dispersé, ne s’est jamais vraiment reconstitué. Ça m’a appris que construire un réseau amical demande aussi une continuité que les circonstances extérieures peuvent briser.

Ce qui a vraiment fonctionné

Voici les pistes qui ont porté leurs fruits dans notre parcours d’intégration en Espagne.

Parler espagnol. C’est non-négociable. Pas besoin d’être parfait, loin de là, mais faire l’effort de communiquer dans la langue du pays change absolument tout. Cela montre que vous respectez la culture, que vous êtes là pour de vrai, pas juste de passage. Et les Espagnols le perçoivent et l’apprécient sincèrement.

Les activités en famille. C’est le terrain le plus fertile pour les rencontres. Le parc, les sorties scolaires, les activités extrascolaires des enfants… Les enfants brisent la glace à votre place, presque naturellement. Si vous cherchez à vous faire des amis en Espagne avec des enfants, misez tout sur ce canal.

Les réseaux sociaux. Instagram et Facebook ont été pour moi une vraie source de contacts, certaines relations commençant en ligne avant de se prolonger dans la vraie vie. Ne les négligez pas.

Les cours de langue à la mairie. Je l’ai mentionné, et je le redis : c’est une idée formidable. Vous progressez en espagnol tout en rencontrant d’autres étrangers qui vivent les mêmes questionnements que vous. Une double victoire.

Et les groupes francophones. Alors là, je dois vous faire une confession. Pendant longtemps, j’ai catégoriquement refusé d’aller dans ces soirées networking francophones. Je me disais : « Je ne suis pas venue en Espagne pour rester avec des Français. » Et d’une certaine façon, je le pense encore. Mais j’ai évolué.

Parce que se retrouver de temps en temps avec des personnes qui partagent vos références, qui comprennent vos blagues, qui savent ce que c’est de vivre entre deux cultures… ça fait un bien immense. Non pas à la place de la vie sociale locale, mais en complément. J’ai rejoint des groupes de femmes entrepreneures — pas des groupes d’expatriés au sens classique, plutôt des femmes qui entreprennent et qui naviguent entre plusieurs cultures. J’ai adoré. Ces rencontres m’ont vraiment apporté quelque chose, humainement et professionnellement.

Ne sous-estimez pas le pouvoir de trouver votre tribu, même si elle parle français. Surtout quand votre cercle local est encore en construction.

Depuis 2017 nous vivons en Espagne en famille. J’ai beaucoup écrit pendant cette période pour partager notre retour d’expérience. Vous pouvez relire mes principaux articles sur notre expérience personnelle :

Les clés pour se faire des amis en Espagne

Si je devais résumer en quelques points ce que dix ans de vie d’expatriée en Espagne m’ont appris sur l’amitié :

  • Parlez espagnol : c’est la porte d’entrée de tout
  • Privilégiez les rencontres en famille, avec les enfants : c’est le canal le plus naturel et le plus efficace
  • Soyez patients : une vraie amitié ici se construit sur des années, pas des semaines
  • Entretenez la relation régulièrement, sans attendre que l’autre fasse le premier pas
  • Trouvez votre groupe de référence : francophone, expat, entrepreneurial, peu importe pour ne pas vous sentir seul pendant que le reste se construit
  • Adaptez-vous aux codes locaux : la vie dehors, les retrouvailles en terrasse, le rythme espagnol… intégrez-les plutôt que de les subir

La patience, c’est le vrai secret

Si vous vous apprêtez à vous installer en Espagne, sachez-le : c’est comme partout dans le monde, l’intégration sociale prend du temps. Et en Espagne peut-être plus qu’ailleurs, parce que les liens existants sont forts, les familles prenantes, et l’intimité précieusement gardée.

Mais ces liens, quand ils se forment enfin, sont d’une solidité remarquable. Être invités à la communion du fils de vos amis espagnols, entourés de toute leur famille — grands-parents, cousins, oncles — c’est une marque de confiance et d’appartenance qui vaut toutes les années d’attente.

Alors laissez le temps faire son œuvre. Adaptez-vous aux coutumes locales. Apprenez la langue. Et soyez là, régulièrement, sincèrement.

L’Espagne vous le rendra, à sa façon et à son rythme.

♥♥♥ Emilie & co ♥♥♥

comment se faire des amis en espagne

Passionnée par les mots, les images et les histoires, j’aime écrire, dessiner et photographier le monde qui m’entoure. Mais au fond, ce qui m’anime le plus, c’est le voyage : il fait partie de mon ADN. Installée à Madrid depuis 10 ans, et après avoir vécu à l’île Maurice, je partage ici mes découvertes, mes inspirations et mes aventures en famille, avec l’envie de donner à d’autres le goût d’explorer, à leur tour. ✈️

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