Tomber enceinte en tour du monde : une drôle d'aventure...

Tomber enceinte en tour du monde, voilà qui n’est pas banal. Décider de continuer ce périple et accoucher sur un autre continent l’est peut-être encore moins ! Mélissa, plus connue sous le nom de lunaestrellaaa, nous partage cette incroyable aventure de la maternité en voyage.

1- Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Mélissa, j’ai 33 ans et 3 enfants de 5 ans, 3 ans et 1 an. Après un an de voyage et un bébé suprise né au Mexique, nous nous sommes installés à Dakar, où nous vivons depuis quelques mois.

enceinte en tour du monde
Crédit photo : Lunaestrellaaa

2- Peux-tu nous parler de votre tour du monde ?

Nous sommes partis en février 2019 et nous sommes rentrés 13 mois plus tard, quelques jours avant le confinement en France.

enceinte en tour du monde

3- Quel a été votre déclic pour faire ce tour du monde d’un an ?

J’ai toujours voulu le faire. J’ai beaucoup voyagé seule étant jeune et c’était un rêve de faire vivre le voyage à mes enfants. Pour mon conjoint, ce n’était pas tellement une évidence pour lui. Il voulait attendre que les enfants grandissent un peu, que notre aîné, Mélian, ait 2-3 ans.

Lorsque Mélian avait un an, je suis retombée enceinte, ce qui n’était pas tellement prévu. A ce moment-là, je lui ai dit qu’il ne fallait pas attendre le moment idéal, au risque de ne jamais partir. La vie est faite de tellement de surprises et d’imprévus…

Il ne voulait pas partir en voyage avec un nourrisson donc nous avons attendu quelques mois de plus que notre deuxième enfant passe les 18 mois.

Depuis, nouvelle surprise, je suis tombée enceinte pendant le tour du monde et donc le 4 décembre dernier, Maori nous a rejoints.

C’est une histoire un peu folle. Ce n’était pas du tout dans nos projets. Nous avons d’abord eu peur pour notre projet, notre rêve que nous étions en train de réaliser… puis nous avons décidé de ne pas arrêter notre voyage mais plutôt de l’adapter à ce nouveau bébé.

4- Quel a été votre itinéraire ?

Nous avons commencé par le Népal, le Myanmar, le Laos, la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, les Fidji, Tonga, la Polynésie française, Etats-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Brésil, Mexique (pour accoucher), Bélize, Guatemala, Cambodge.

C’était incroyable !

5- Comment avez-vous géré cet itinéraire par rapport à la grossesse ?

En fait, nous étions partis sans vraiment d’itinéraire. Nous avions juste un aller simple pour le Népal et l’idée de visiter un peu de chaque continent. Quand on a su que j’étais enceinte, au début du tour du monde, on s’est dit que ce n’était pas si mal de ne pas avoir trop organisé. Nous avons donc pu adapter le trajet à mon état de santé.

J’ai eu de la chance parce que nous étions en Océanie à partir de 3 mois de grossesse donc c’était assez facile pour le suivi médical. Et finalement, nous ne nous sommes privés de rien. La seule entorse au programme que nous avons dû faire, c’est l’Afrique. Il fallait s’arrêter quelque part pour accoucher et nous avons choisi le Mexique.

Ce qui est assez fou c’est que je n’ai pas vu passer la grossesse parce que j’étais totalement absorbée par le voyage. Nous nous sommes posé beaucoup de questions au début de la grossesse parce que nous n’avions pas prévu d’avoir un 3ème enfant et encore moins à ce moment-là. Nous étions tout à fait dans un autre projet.

Enceinte en tour du monde, c’est assez inédit et ce n’était évidemment pas dans nos plans !!

Mais une fois cette première phase passée, nous avons simplement décidé de vivre l’instant présent, de profiter de notre voyage, tout en sachant que des ajustements seraient à apporter à un moment donné. Mais… une chose après l’autre.

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Crédit photo : Lunaestrellaaa

6- Comment as-tu organisé le suivi médical de ta grossesse ?

J’avais en tête le fait que partout dans le monde, des femmes accouchent ! Donc quoi qu’il arrive, partout, je pouvais accéder à un médecin, une sage-femme, un gynéco. Nous n’avions pas de crainte de ce point de vue là.

Nous avons appris la grossesse en Chine. Par hasard, une personne entendant l’une de nos conversations m’a interpellée et m’a donné les coordonnées d’une sage-femme en Nouvelle-Calédonie. Je l’ai immédiatement contactée et elle m’a donné un rendez-vous pour le 31/05 avec un gynécologue. Nous avons donc organisé notre itinéraire en fonction de ce rendez-vous !

Ce gynéco m’a mise en relation avec un autre gynéco, à Papeete, et m’a pris rendez-vous pour la 2ème écho là-bas !

C’est assez fou mais c’est tellement représentatif du voyage ! Enceinte ou non, un tour du monde ce sont des rencontres inopinées, des bons plans donnés par les locaux. Ça s’est passé de la même manière pour les rendez-vous médicaux !

Pour l’accouchement, je cherchais une sage-femme pour accoucher à domicile. Je l’ai trouvée grâce aux réseaux sociaux. J’ai contacté @familycoste qui attendait un bébé aussi. C’est elle qui m’a donné les coordonnées d’une sage-femme au Mexique.

Lorsque j’ai contacté cette sage-femme, nous étions à Vancouver. Elle nous a donné rendez-vous le lendemain !!! Ce que nous avons fait !!

Quand on le raconte, ça a l’air fou mais pour nous, à ce moment-là, c’était tout à fait naturel… C’est ça être enceinte en tour du monde !

Nous sommes restés une dizaine de jours au Mexique pour organiser l’accouchement avec cette sage-femme qui nous a tout de suite plu puis nous avons continué notre route : Argentine, Brésil et environ 3 semaines avant l’accouchement, nous sommes retournés au Mexique.

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Crédit photo : Lunaestrellaaa

7- Tu n’as jamais été ennuyée pour voyager en avion en étant enceinte ?

Eh bien, non. Sauf une fois, pour le dernier vol. On m’a demandé un certificat médical, à l’escale à Bogota sur le trajet vers le Mexique. Nous n’en avions pas donc nous avons légèrement arrangé la vérité en disant que je n’étais qu’à 7 mois de grossesse… oups !

8- Comment tes enfants ont-ils réagi à l’annonce de l’arrivée du bébé ?

En fait, j’ai fait le test de grossesse avec les enfants. Je leur ai expliqué. Mais au début, c’était inexistant pour eux. C’est seulement au bout de deux-trois mois qu’ils ont réagi, ils se collaient à mon ventre, ce genre de choses. Ils étaient hyper contents même s’ils ne réalisaient pas tellement ce qui se passait.

Lorsque j’ai accouché, tard le soir, ils dormaient. Mais ils se sont réveillés au milieu de la nuit et étaient très contents.

Après la naissance, il n’y avait pas beaucoup d’interactions entre eux et le bébé puis, petit à petit, ils se sont mis à observer chaque progrès que leur petit frère faisait.

9- Et toi, comment as-tu vécu tout ça : enceinte en tour du monde, un accouchement au Mexique et une fin de voyage avec un nourrisson ?

C’était fou !! Nous avons concrétisé un rêve, avec beaucoup d’émotions et d’aventures.

Nous avons vraiment profité d’être en famille H24, sans aucune contrainte disposés à savourer l’instant présent. Nous étions constamment sur cette espèce d’euphorie.

Et finalement, la naissance, c’était l’apothéose de cette année de folie. Cette grossesse nous a vraiment déstabilisés au début mais cette aventure a changé la dynamique de notre famille, pour un mieux !

Nous sommes repartis sur la route environ 3 semaines après la naissance. Assez paradoxalement, c’était hyper facile. Après plusieurs mois de voyage avec des enfants en bas âge qui réclament beaucoupe d’attention, cela nous est apparu très facile de nous occuper d’un nourrisson. Il était tout le temps porté, lové contre moi. Et moi, j’ai adoré parce que j’ai eu l’impression de le materner beaucoup plus qu’à la maison. J’ai pu créer un lien beaucoup plus fusionnel. Tout en ayant la possibilité de rester tout à fait disponible pour les grands. Nous avons vraiment pu profiter pleinement de la fin de ce voyage.

9- Et le retour ?

Pour moi, cela a été très tôt une évidence que je ne pourrais pas reprendre une vie normale en région parisienne à la fin de ce voyage. Nous avions laissé la porte ouverte en se disant “si un pays nous plaît, on verra…”.

Le coup de coeur que nous avons, c’était en Océanie : Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Tout de suite, nous nous sommes projetés sur le fait de vivre là-bas. Le petit hic, c’est que c’est à 24 heures d’avion de nos familles… donc nous n’avons pas voulu nous installer là-bas à ce moment-là. A côté de cela, pour moi, c’était évident que nous allions repartir. Pour Séb, ce n’était pas du tout la même évidence. Il voulait se réinstaller, travailler, remettre de l’argent de côté et repartir 2 ou 3 ans plus tard.

Je craignais vraiment de me réinstaller dans la même vie qu’avant, après une telle année, c’était inenvisageable. Le compromis a été de postuler à l’étranger : il est prof de sport et moi, je ne travaille pas pour le moment.

Le problème, c’est qu’il ne voulait pas vivre dans une grosse ville, après avoir vécu dans de grands espaces avec beaucoup de libertés. Mais, généralement, les établissements français à l’étranger sont dans des grosses villes. Nous avons raté le coche pour un poste à Saly, sur la côte Sénégalaise mais moi, je m’étais déjà beaucoup projetée sur notre vie là-bas. Alors, j’ai décidé d’envoyer le CV de Séb à toutes les écoles de Dakar qui enseignent en Français en candidature spontanée. Et, il y en a une qui a appelé et il a eu le poste. Il n’a pas accepté tout de suite, il a eu besoin de réfléchir mais j’ai réussi à le convaincre et nous sommes partis !

Tout s’est fait très vite, pendant le 1er confinement.

10- Comment se passe la vie au Sénégal ?

J’adore Dakar parce que c’est une très grande ville mais dès qu’on sort de chez soi, on a l’impression d’être dans un village, il y a des routes non goudronnées, des vendeurs ambulants. C’est très vivant. A côté de ça, c’est une grande ville très polluée, embouteillée, bruyante. Donc le tableau n’est pas absolument idéal. Mais pour le moment, nous sommes très contents.

Et pour les enfants, c’est super de découvrir cette nouvelle culture. Les gens sont hyper avenants et chaleureux. Et cela nous permet de continuer le voyage parce que pendant les week-ends et les vacances, nous découvrons le Sénégal.

11- Les enfants ont-ils bien vécu la transition ?

Pour l’aîné, c’était assez compliqué de repartir. Quand nous sommes rentrés de voyage, nous avons tout de suite été confinés. Nous étions en France mais nous ne pouvions voir personne, alors que Mélian se faisait une joie de retrouver ses cousins, ses grands-parents, etc. Et au bout d’un mois et demi, nous sommes repartis. Très clairement, il ne voulait pas. Finalement, il a rencontré des copains ici, il fait du surf, du tennis. Il s’est très bien adapté, il est chez lui.

Pour le cadet, c’était plus compliqué. Il avait 3 ans donc il ne verbalisait pas ce qu’il vivait mais nous sentions qu’il était triste. C’est à partir du moment où nous nous sommes installés dans notre chez nous, qu’il a eu sa chambre, son lit, qu’il a retrouvé sa joie de vivre.

12- Tu te sens toi aussi épanouie dans ce rôle de mère et de maîtresse d’école ?

Au début, ça a été un peu compliqué de me retrouver enfermée avec les enfants et de n’être que dans ce rôle de mère, maîtresse, cuisinière, etc… Depuis que Mélian fait des activités, il rencontre des copains, je rencontre les parents des copains et ça m’a énormément aidée à m’intégrer. Aujourd’hui, j’ai aussi une vie de femme et plus seulement de mère. Nous avons trouvé notre équilibre.

13- Est-ce que vous avez des projets de voyage ?

On hésite un peu en ce moment entre déménager à Saly, plus petite ville mais toujours sur la côte du Sénégal ou changer de pays. On guette mais on se laisse du temps parce que pour le moment, on est bien.

Je vais essayer de trouver du travail, pour mon bien-être et pour être plus confortables financièrement aussi.

Au niveau des voyages, c’est assez difficile de se projeter en ce moment mais on profite de visiter le Sénégal. Et il y a une évidence, c’est que je ne souhaite pas rentrer en France, du moins pour le moment ! Ici, la vie me semble plus simple, le climat est plus serein, les gens sont tellement gentils.

Et pourtant, il y a des aspects pratiques de la vie quotidienne qui ne sont pas évidents. Nous avons par exemple régulièrement des soucis d’eau potable. Je trouve que c’est super que les enfants le vivent et se rendent compte qu’avoir l’eau et l’électricité, ce n’est pas acquis ! Ils apprennent une autre réalité, ils s’adaptent, ils comprennent des sujets bien mieux que si nous leur avions expliqués depuis la France.

enceinte en tour du monde
Crédit photo : Lunaestrellaaa

Notes

Suivez les aventures au Sénégal de Mélissa sur son compte Instagram.

♥♥♥ Emilie & Co ♥♥♥

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