S'expatrier en Suède en famille - Retour d'expérience

Il y a une dizaine de mois, Morgane et Adrien ont décidé de s’expatrier en Suède avec leur fils. Avec beaucoup de douceur et de simplicité, Morgane nous partage leur expérience d’expatriation.

1- Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Morgane, j’ai 32 ans. Avec Adrien, nous avons un fils qui s’appelle Samuel et qui a 3,5 ans. Nous vivons au Sud de la Suède, à Lund, dans la région de Scanie.

2- Comment êtes-vous arrivés en Suède ?

Cela faisait un petit moment que nous avions envie de vivre à l’étranger. Depuis la naissance de Samuel, nous avions un peu laissé ce projet de côté. Mais, en début d’année, mon mari a eu une jolie opportunité professionnelle que nous avons saisie sans hésitation. Nous sommes donc installés en Suède depuis mars 2020.

S’expatrier en Suède nous a demandé de la réflexion. Nous nous sommes évidemment posé des questions avant de sauter le pas, notamment concernant la distance avec la famille. Mais dans notre vie quotidienne en Ile-de-France, nous n’avions pas de famille proche… alors, nous y avons seulement vu des points positifs : découverte, nature, et c’est une très bonne opportunité pour notre fils ! Le système éducatif Suédois correspond à nos attentes. Tous les voyants étaient au vert !

s expatrier en suede
S’expatrier en Suède

3- La Suède est attirante pour son côté art de vivre mais cela fait aussi un peu peur d’un point de vue météo, comment gérez-vous ces différences ?

C’est vrai que la météo est un sujet qui pose question. C’est toujours ce dont on nous parle en premier ! En ce moment, il faut jour de 8h30 à 15h30 donc ça va, ce n’est pas la nuit polaire. Il faut dire que nous sommes tout au Sud de la Suède. Cela dit, après un très bel été, il fait vraiment très moche en ce moment donc c’est assez sombre toute la journée.

Alors on s’adapte ! Nous avons mis plus de décorations de Noël dans la maison, nous allumons des bougies. Je trouve que la culture va bien avec la météo. Ils sont super cosy. Il y a un mot ici pour en parler, c’est le lagom. Equivalent du hygge Danois, le lagom c’est ce côté très cosy, très doux, on prend le temps, on prend un fika, une petite pâtisserie et une boisson chaude dans un café joliment décoré… Et c’est un état d’esprit qui nous convient bien.

4- Est-ce que vous êtes en Suède pour une durée déterminée ?

Pour l’instant, mon mari a un contrat de 3 ans. Nous nous sommes donné 1 an pour nous faire une idée mais nous sentons déjà que nous aimerions rester ici au-delà des 3 ans.

5- Socialement, comment se passe ton intégration ?

C’est une partie un peu compliquée. Avant de partir, je m’étais dit que j’aurais des amis Suédois rapidement mais en fait, au début, on est assez seuls, assez démunis. Et le contexte covid n’a certainement pas aidé même si nous n’avons pas été confinés de manière stricte.

Et au final, c’est assez naturel et facile de se tourner vers la communauté francophone. Cela nous donne un point d’ancrage. Même lorsqu’on reste dans un pays Européen, tout est nouveau au début. Il faut un peu de temps pour atterrir…

Aujourd’hui, nous avons des amis ici, mais qui sont belges… !

En plus, je ne travaille pas encore donc, pour moi, c’est plus compliqué de faire des rencontres. Il y a bien sûr des initiatives qui existent pour que les “conjoints suiveurs” rencontrent du monde mais tout cela est un peu en stand-by à cause du covid…

6- Est-ce que tu vis bien cet “isolement” ?

Oui, ça va mieux. Les premiers mois ont vraiment été difficiles. Samuel n’allait pas encore à l’école et venant de région parisienne, il était un peu choqué quand on allait à l’aire de jeux par exemple. Il me demandait “pourquoi on est tout seuls ? Pourquoi il n’y a personne ?”

Et puis le covid est arrivé directement après notre déménagement donc d’un coup, la famille ne pouvait plus venir nous voir. On s’est vraiment sentis isolés.

Maintenant, ça va mieux. Nous nous sommes fait des amis. Les relations entre expatriés se nouent beaucoup plus vite parce que nous sommes tous un peu isolés donc la confiance mutuelle s’installe très rapidement.

Depuis septembre, Samuel va à l’école, cela me permet de voir plus de monde. Et j’ai commencé à prendre des cours de Suédois ce qui me permet de rencontrer des gens aussi. Donc ça va bien !

7- Les cours de Suédois, ça doit être coton !!

Oui !! Et c’est assez frustrant de voir que mon fils comprend déjà tout après 2 mois d’école et que moi je galère pour aligner 3 mots !!!

Heureusement que les Suédois parlent anglais ! Je ne me suis jamais retrouvée bloquée à cause de la langue. Tout le monde parle anglais. C’est d’ailleurs très étonnant le nombre d’offres d’emploi que je trouve rédigées en anglais alors qu’en France, tout serait en Français…

8- Samuel va donc dans une école locale…

Oui. A Lund et même à Malmö, il n’y a pas d’école française. Il y a juste une école Montessori trilingue, suédois, anglais, français, qui est très très demandée. Et il y a une école internationale à Lund qui fonctionne en anglais.

Nous avons choisi l’école de quartier, pour nous intégrer et vivre l’expatriation à fond. En plus, c’est très pratique, je l’emmène en 10 minutes à vélo. C’est une toute petite école, qu’on a pu choisir.

Dans cette école, tout est en Suédois ! Mais il y a beaucoup de nationalités différentes parmi les élèves. De toute façon, dans le cas de Samuel, il parlait aussi bien anglais que Suédois à la base donc, une école internationale n’aurait pas changé grand chose !! Au début, ils utilisaient une application de traduction quand il y avait des incompréhensions avec lui. Mais c’est très impressionnant la vitesse à laquelle il s’adapte et il apprend la langue.

9- Est-ce que tu vois une différence dans la manière dont les gens éduquent leurs enfants ? La pédagogie à l’école ?

Il y a une différence assez frappante : la Suède avait été le 1er pays à interdire les violences éducatives ordinaires envers les enfants. C’est donc assez naturel pour les parents Suédois d’être cool et zen avec leurs enfants. Ils ont eux-mêmes connu cela étant enfants. C’est assez difficile à expliquer mais on ressent un certain calme ambiant.

Au niveau de l’école, il n’y a pas de différence entre l’école maternelle et la crèche. Samuel est donc à la förskolan qui accueille les enfants entre 1 et 5 ans. Et à l’équivalent du CP en France, ils rentrera à la “vraie école”. C’est idéal pour Samuel qui a pu avoir une vraie période d’adaptation.

Je trouve que tout est plus doux pour les enfants. Ils portent vraiment une attention particulière aux émotions. Aussi, ils sont très tournés vers l’art. Ils suivent la pédagogie Reggio Emilia dans la plupart des écoles, c’est une pédagogie proche de Montessori.

10- On idéalise beaucoup les pays du Nord pour leur équilibre vie privée/vie professionnelle. Est-ce que c’est tel qu’on l’imagine ?

C’est vrai que beaucoup de choses sont faites pour l’équilibre familial. D’abord le congé parental, 240 jours pour chaque parent ! D’ailleurs, même si notre fils est né en France, nous avons droit à des jours pour Samuel. Mon mari pourrait prendre un congé parental de quelques mois s’il le souhaitait.

Le rythme de travail est assez souple. Par exemple, quelques semaines après la rentrée, la maîtresse de Samuel voulait nous rencontrer pour faire un point. Mon mari a pu se libérer une heure au milieu de la journée pour faire ce rendez-vous et retourner au travail ensuite.

Il fait nuit plus tôt qu’en France donc la journée se termine plus tôt. C’est vrai que dès 17h, on est tous les trois et on peut profiter de notre soirée ensemble.

11- Sur Instagram, tu sensibilises beaucoup les mamans sur la dépression post-partum qui t’a touchée. Est-ce que cela a joué sur votre décision d’expatriation ?

J’étais sortie de ma dépression depuis quelque temps au moment où nous sommes partis mais je suis toujours suivie par ma psychologue Française (par skype) et c’est vrai qu’avoir cette continuité m’a bien aidée.

La dépression a joué dans la décision de l’expatriation. On l’a vue comme une chance de tourner la page et de vivre quelque chose d’assez fort tous les trois. Je n’ai pas eu peur de la rechute, même si les premiers mois d’une expatriation sont assez durs. Je me suis retrouvée en tête à tête avec mon fils pendant 6 mois, ce que j’appréhendais quand même. Mais au final, je suis très fière de cette nouvelle relation que nous avons nouée.

12- Après 10 mois d’expatriation en Suède, comment te positionnes-tu dans ta vie ?

Cela fait quelques mois que j’ai commencé à chercher du travail. Le contexte covid n’aide pas… et c’est vrai que c’est assez compliqué. Je pensais que ce serait plus facile. C’est un élément assez important pour moi donc je pense que mon expérience sera plus complète quand j’aurai un travail. J’aurai moi aussi mes propres relations, cela me manque un peu.

A côté de ça, je suis hyper contente d’apprendre le Suédois. Je trouve que c’est assez stimulant.

Nous nous sentons vraiment chez nous, tout en étant touristes ! Tous les week-ends, nous avons de nouvelles choses à découvrir, c’est très chouette !

13- Raconte-nous, la Suède c’est comment ?

Nous habitons une petite ville super mignonne, nous adorons nous promener dans le centre ville.

Et sinon, partout en Suède, il y a beaucoup de réserves naturelles avec beaucoup de sentiers balisés donc nous faisons beaucoup de balades en forêt.

Et puis la mer n’est pas très loin donc nous nous sommes beaucoup baignés cet été !

En résumé, beaucoup de sorties nature et quelques sorties culturelles. A Lund, nous aimons beaucoup le musée Kulturen, sur la vie d’antan, avec sa section enfants super chouette. Tout est pensé pour les enfants donc c’est très facile en famille. C’est au-delà du kid-friendly, les enfants sont parfaitement intégrés à la vie.

14- Est-ce que vous avez des projets de voyage ?

A Noël, nous partons en petit roadtrip dans la région de Dalarna un peu plus au Nord (au centre du pays). On espère y trouver de la neige mais pour le moment, il ne fait pas assez froid sur le pays… on n’est pas très gâtés cette année.

Pour la suite, on ne sait pas trop. On a du mal à faire des projets de voyage en ce moment !

Nous avons l’idée d’aller découvrir la Laponie prochainement mais nous attendons un tout petit peu pour que Samuel puisse profiter pleinement du spectacle des aurores boréales.

Retrouvez Morgane sur son compte Instagram.

♥♥♥ Emilie & Co ♥♥♥

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