Laura est une amoureuse de la nature. Elle nous parle aujourd’hui de son rapport à la nature, de la nature en voyage, en ville, en confinement… et nous donne des pistes pour initier nos enfants à la nature.

1- Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Laura. Je suis voyageuse et blogueuse. Avec mon compagnon Sébastien, nous animons le site lesglobesblogueurs depuis 2013. Nous avons été rejoints dans cette aventure par Hélio qui a aujourd’hui 6 ans. Nos voyages sont quasiment exclusivement tournés vers la nature.

les globe-blogeurs

2- Pourquoi la nature ?

Notre blog a été créé parce que nous sommes partis un an en Amérique du Sud. Pendant ce voyage, chaque fois, nous recherchions les beaux paysages, les animaux. La faune la flore, la géologie sont des sujets qui nous intéressent, ce n’est pas calculé. Et lorsque nous avons commencé à avoir des retours sur notre blog, c’était de l’ordre “ah, en fait, vous faites des voyages nature !”. Nous n’avons pas explicitement défini le thème, il s’est imposé à nous !

3- Vous étiez des grands voyageurs avant d’agrandir la famille, comment s’est passée la transition dans vos voyages ?

Quand j’étais enceinte, notre entourage a commencé à spéculer sur l’arrêt de nos voyages, alors que je n’ai jamais vu le fait d’avoir un enfant comme un obstacle au voyage.

Evidemment, on se pose des questions pour voyager avec un nouveau-né mais finalement, les enfants ont besoin de peu de choses : manger, dormir, être en sécurité, être entourés de leurs parents. Si ces éléments sont réunis, il n’y a pas vraiment de problème.

Tous les enfants sont différents, et c’est vrai qu’il y en a qui n’aiment pas voyager. C’est peut-être là notre chance. Hélio aime ça.

Voyager avec un enfant demande de prendre plus le temps. Mais je trouve que c’est plutôt un aspect positif ! Cela nous empêche d’être dans une course à toutes les choses qu’il “faut” voir.

Ce qui est intéressant, et parfois contraignant bien sûr, c’est que nous sommes désormais trois. L’enfant est une vraie personne avec des envies qu’il faut également écouter. Mais attention, il ne faut pas tout écouter et rester force de proposition pour lui faire découvrir des choses qu’il ne connaît pas. Il faut toujours essayer ! Les activités qu’il aime moins lui permettent de se forger une opinon, de se poser des questions. Et c’est vrai à tout âge !

Il faut, je crois, favoriser l’ouverture culturelle sans se mettre de barrières. Quand on propose des choses à un enfant, cela lui ouvre la curiosité. D’ailleurs, il n’y a pas nécessairement besoin de partir en voyage pour ça !

4- Quel âge avait Hélio pour son 1er voyage ?

Il avait 6 mois. Nous sommes partis une semaine à Porto. C’était un séjour plutôt citadin pour le coup !

5- As-tu des conseils pour initier ses enfants à la nature ?

Avec Hélio, je n’ai pas élaboré de stratégie particulière, ça s’est fait plutôt spontanément. On aime marcher en forêt, être dans la nature donc ça se transmet naturellement à l’enfant. Si soi-même, on n’y est pas à l’aise ou si ça ne nous intéresse pas, l’enfant n’aura pas d’inclinaison particulière pour la nature.

Hélio étant un enfant très sensible, il a compris que c’était notre truc.

Bien sûr, qui dit nature dit autoriser ses enfants à se salir et s’attendre à ce qu’ils touchent la boue, qu’ils remplissent leurs poches de cailloux ou de pommes de pin, autoriser l’exploration malgré les dangers que cela comporte. Il ne faut surtout pas instaurer un climat anxiogène mais plutôt expliquer les dangers.

Plus on considère un enfant comme un adulte capable de comprendre, plus il comprend qu’on n’est pas dans l’émotionnel et qu’il y a des bonnes raisons à faire attention à certaines plantes, à certains animaux, à certains lieux.

6- Comment fait-on pour initier ses enfants à la nature quand on n’y connaît rien ?

Contrairement à ce que tu peux croire, je ne suis pas experte non plus !!! Il suffit de dire “je ne sais pas” et on apprend ensemble ! Merci internet. D’ailleurs, Hélio est plutôt fier quand il pose des questions auxquelles nous n’avons pas la réponse.

Le parent n’est pas le sachant, on est à égalité et on apprend ensemble. Ce n’est pas moi qui le tire vers la connaissance, on y va ensemble.

Pour apprendre avec son enfant, on se fait aider, notamment par des applications. On peut citer PlantNet par exemple. Il suffit de prendre en photo la feuille ou la fleur et l’appli nous donne son nom. C’est le Shazam de la plante ! Il faut fouiner un peu sur les stores d’applications, il y a vraiment beaucoup de choses sur les arbres, les fleurs, les oiseaux, etc.

7- Est-ce que tu as des exemples d’activité que tu n’aurais pas imaginé lui plaire ?

L’observation des oiseaux est un bon exemple. Les oiseaux sont assez loin, souvent petits, il faut être silencieux. Mais en fait, il faut accepter l’idée que l’enfant ne vit pas l’activité comme un adulte et laisser chacun se saisir de l’activité à sa manière.

C’est difficile par exemple de regarder dans des jumelles pour les enfants très jeunes. Ils vont préférer des oiseaux plus gros, comme les flamants roses en Camargue. Le parc du Marquenterre en Baie de Somme est aussi un lieu où l’observation des oiseaux est facile, ou au parc orntihologique du Pont du Gau en Camargue.

Mais même sans aller dans des parcs spécifiques, en ville par exemple, on trouve des canards ! Ce n’est pas très exotique mais il y en a plein de différents donc c’est intéressant de remarquer les particularités de chaque espèce.

8- Comment faire pour initier les enfants à la nature en ville ?

Il faut ouvrir ses yeux. Quand on regarde bien, la nature est partout, même si elle n’est pas présente de façon exubérante évidemment. Souvent, on ne voit pas les choses parce qu’on ne les regarde pas et parce qu’on pense que ce n’est pas suffisamment extraordinaire ou que ça n’en vaut pas la peine.

A Nantes, où nous vivons, il y a une démarche zéro pesticide et une démarche pour planter des graines dans les interstices du bitume. De ce fait, il y a beaucoup de rues avec des petites plantes qui poussent au ras des immeubles.

Pour aller à l’école, on croise de la vigne vierge sur les murs. On croise des “mauvaise herbes” dans le bitume. On passe devant des rosiers donc on peut sentir les roses, voir s’il y en a des nouvelles.

Pendant le confinement, on s’est abonnés à Merci Mercredi. On reçoit par mail chaque mercredi une activité nature. Dernièrement, c’était autour des sons de la nature. On écoute des sons et on doit deviner ce que c’est.

On peut également faire un herbier. Même en ville, il y a quelques arbres.

On n’est pas obligés de toujours apprendre des choses sur la nature d’un point de vue strict. On peut lier ça à des activités artistiques par exemple, décorer des pommes de pin, par exemple, participe aussi à la découverte de la nature !

C’est par l’approche sensorielle que les enfants vont retenir le plus de choses : toucher, écouter, sentir. Il n’y a pas du tout besoin d’être expert en sciences pour raconter des choses sur la nature.

Et a contrario, on n’est pas obligés de faire des câlins aux arbres dès qu’on en voit ou faire un stage de survie en forêt. Il y a un spectre de choses à faire entre les deux extrêmes !

Ressources : Ecouter des paysages,

9- Est-ce qu’il y a des destinations idéales pour s’initier à la nature ?

Vu le contexte sanitaire actuel, j’aurais envie de proposer la France qui est un terrain de jeux assez extraordinaire ! Il y a une diversité de paysages et beaucoup d’animaux (dauphins en Bretagne, phoques en Baie de Somme, des oiseaux, des chevreuils en forêt).

Et si on se prête à rêver à des voyages plus lointains :

  • Le Sri Lanka. On n’y pense pas forcément pour les animaux mais on peut y croiser des éléphants, des léopards et on peut faire des safaris avec des enfants en bas âge. Hélio avait 3 ans quand on l’a fait. Retrouvez nos récits sur Wilpattu,Udawalawe 
  • Je recommande aussi le Canada et plus particulièrement la Gaspésie qui a pleusirs parcs naturels très bien aménagés pour les familles. On y a vu des porcs-épics, des baleines, etc.
  • Et enfin, Madagascar où on a eu un gros coup de coeur parce que les paysages y sont merveilleux. C’est peut-être pour des familles qui ont un peu plus l’habitude de voyager mais nous y étions lorsqu’Hélio avait un an et demi. On peut y voir assez facilement des lémuriens, des caméléons, des serpents.

10- Quid du Costa-Rica, la destination nature par excellence ?

En effet, nous y sommes allés plusieurs fois avec Sébastien, avant la naissance d’Hélio. Mais, attention à la sur-fréquentation de certains parcs. Certains voyageurs nourrissent les animaux donc on perd un peu le côté sauvage à certains endroits.

11- Est-ce que l’écologie est compatible avec le voyage ?

Hum… vaste sujet ! J’aimerais répondre que l’écologie et le voyage, ça matche parce que ça m’arrangerait mais… on peut bien sûr faire des voyages éco-responsables mais dès qu’on voyage loin, c’est tout de suite plus compliqué. A moins de ne pas du tout prendre l’avion et de prendre vraiment son temps. Cela devient alors vraiment une démarche engagée.

Plus on voyage localement, mieux c’est. Pourtant, je n’ai pas fait de croix sur l’avion. Mais j’essaye de respecter certaines règles : pas d’avion en France ; en Europe, on évite tant que possible. Quand on prend l’avion, c’est pour une durée de séjour minimale, pas juste pour un week-end. Alors même si le voyage qu’on fera génèrera de la pollution évidemment, on essaye de limiter notre usage de l’avion.

Lorsqu’on part sur une longue durée, on peut voyager plus lentement. C’est ce qu’on a fait par exemple quand pour notre voyage d’un an en Amérique du Sud. On n’a fait qu’un seul aller-retour en avion. On n’a pas souhaité faire un tour du monde sur cette durée pour cette raison.

Et pour ceux qui ne peuvent pas partir 6 mois ou 1 an, c’est tout de même un peu une question de choix ou du moins, de timing. Il y a des solutions pour partir au long cours : les congés sabbatiques, les congés sans solde, etc. C’est souvent plus possible qu’on ne le pense !

Quelle que soit la destination, pour voyager de manière écologique, il faut faire attention aux activités. Il y a des activités qui sont plus respectueuses de l’environnement que d’autres.

Les hébergements jouent aussi. Il vaut mieux utiliser des hébergements locaux que des grands hôtels qui défigurent le paysage pour caricaturer un peu.

Il faut se poser chaque fois la question : qu’est-ce qui est le plus durable possible ? Et qu’est-ce qui est possible pour moi ?

Personne n’est irréprochable quand il s’agit de voyage. Il faut essayer qu’il soit le moins néfaste possible et rester conscient que nos actions ont des conséquences. Mais comme toujours, c’est un ensemble de choses. Il ne suffit pas de voyager local pour être durable…

Notes

Retrouvez Laura sur son blog les Globe-Blogueurs, sur son Instagram et Facebook, et son Podcast : Les coulisses du Voyage.

♥♥♥ Emilie & Co ♥♥♥

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initier ses enfants à la nature

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